Vernéa, Clermont-Ferrand : Grève à l'incinérateur14/01/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/01/2424.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Vernéa, Clermont-Ferrand : Grève à l'incinérateur

Le 24 décembre, les 54 travailleurs de l'incinérateur Vernéa de Clermont-Ferrand, appartenant au groupe Suez environnement, se mettaient en grève à 80 %. Leurs revendications portaient sur l'augmentation des salaires et l'amélioration des conditions de travail et de sécurité dans l'usine.

L'incinérateur Vernéa de Clermont-Ferrand, appartenant à Sita, filiale de Suez environnement, deuxième groupe mondial de la gestion de l'eau et des déchets, a été mis en service en novembre 2013. Une usine toute neuve et soi-disant entièrement automatisée. C'est l'un des arguments qui ont convaincu une partie des travailleurs de se faire embaucher, certains ayant même démissionné d'un autre emploi. Mais ils ont rapidement déchanté.

Salaires insuffisants, conditions de travail dangereuses et postes insuffisants s'accompagnent, comme dans beaucoup d'entreprises, de pressions sur les victimes d'accident pour ne pas se déclarer en accident du travail ou ne pas s'arrêter.

Depuis plusieurs semaines, le ras-le-bol s'était accru. Deux assemblées générales ont été organisées et un préavis de huit jours a été donné à la direction pour qu'elle accède aux exigences des travailleurs.

Aussi, le 24 décembre, sans réponse aux revendications, la grève était lancée. Alors qu'il n'y a jamais de renfort pour pallier les absences en temps ordinaire, la direction a fait venir des cadres et des ouvriers d'autres sites pour remplacer les grévistes.

En colère, ils érigeaient un premier piquet de grève devant l'usine pour empêcher les camions de livrer les déchets. Dès le lendemain ce barrage était levé par les CRS, suite à un jugement en référé. Deux réunions au siège de Vernéa à Lyon aboutissaient à une vague promesse d'organiser des groupes de travail sur les conditions de travail et à une fin de non-recevoir sur les salaires. La direction proposait une prime de reprise de 80 euros, jugée indécente par les grévistes.

Le 7 janvier, un nouveau blocage du site était organisé. Le lendemain, les CRS intervenaient de nouveau pour ouvrir le barrage et évacuer les grévistes et les militants de la CGT venus les soutenir. Pendant l'évacuation, les travailleurs scandaient : « Nous ne sommes pas les déchets du patronat » et « De l'argent, il y en a dans les caisses de Vernéa ».

Durant le conflit, les principaux responsables politiques du département, qui confient la gestion des déchets à Vernéa, ont brillé par leur absence. Le maire PS de la ville voisine de Cournon-d'Auvergne, plusieurs fois contacté, n'était jamais disponible. Quant à son compère de Clermont-Ferrand, également socialiste, cela ne semblait pas le concerner.

Vendredi 9 janvier, à l'issue d'une nouvelle réunion, la direction faisait quelques concessions supplémentaires, en particulier une revalorisation des plus bas salaires, concernant une dizaine de travailleurs, et une prime de 150 euros pour tous fin janvier. Les grévistes décidaient d'arrêter la grève et de reprendre le travail le lundi suivant.

Samedi matin, après avoir démonté la tente où ils s'étaient relayés durant toute la grève, ils se sont retrouvés autour d'un barbecue, fiers de s'être opposés à leur patron, certains ayant fait grève pour la première fois. Comme le disait l'un d'entre eux : « Nous sortons la tête haute, il faut rester soudés pour l'avenir. »

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