Autoroutes : Nationalisation sans rachat ni indemnités !23/12/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/12/2421.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Autoroutes : Nationalisation sans rachat ni indemnités !

Faut-il renationaliser les autoroutes, afin que la manne financière provenant du racket des automobilistes aide à boucher le trou des caisses de l'État ? Partisans et opposants à cette idée s'affrontent actuellement, y compris au sein d'une même tendance ou d'un même parti. Mais à gauche comme à droite, qu'ils se déclarent pour ou contre la renationalisation des autoroutes, tous ne l'envisagent que par le rachat par l'État des concessions que se partagent les trois grands groupes : Vinci, Eiffage et Albertis.

L'argument des opposants se résume au fait que, si l'État dénonce les contrats qui le lient à ces sociétés, il devrait leur verser une indemnité de 40 milliards d'euros. Ainsi, alors qu'en 2006 l'État avait touché 14, 8 milliards d'euros en cédant ces concessions, il devrait maintenant débourser près de trois fois cette somme pour les racheter. Cela montre au moins combien la gestion des autoroutes est profitable, ce que confirme le taux des bénéfices, qui varie de 20 à 24 %. En huit ans, les groupes concessionnaires ont amassé des milliards pris dans les poches des automobilistes. Et il faudrait encore les dédommager ?

Mais surtout, pourquoi le gouvernement devrait-il se sentir lié par cette clause du contrat ? Les grands patrons s'assoient régulièrement sur leurs engagements. Ils s'engagent à créer des emplois en contrepartie des milliards que l'État leur verse, et bien évidemment ne les créent pas.

Alors, renationaliser les autoroutes, pourquoi pas, mais sans rachat ni indemnités compensatoires. Ces sangsues que sont les sociétés gestionnaires se sont assez gorgées de milliards pendant des années, grâce à des concessions qui leur ont été cédées à prix d'ami.

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