Clinique Bordeaux Nord : Patrons et salariés n'ont pas les mêmes intérêts10/12/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/12/2419.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Clinique Bordeaux Nord : Patrons et salariés n'ont pas les mêmes intérêts

Il n'a pas fallu attendre longtemps pour que le gouvernement cède aux revendications de la FHP, la fédération des patrons des cliniques privées, fédération dont le groupe des cliniques privées GBNA de Bordeaux fait partie.

Depuis plusieurs semaines, la FHP menace de faire une grève illimitée à partir du 5 janvier. Elle s'oppose à un projet du gouvernement interdisant aux cliniques dont les médecins pratiquent des dépassements d'honoraires de participer au futur service public hospitalier. Elles ne pourraient donc avoir les mêmes prérogatives et offres de soins que les hôpitaux, par exemple les urgences. Selon Les Échos, Marisol Touraine a annoncé début décembre que le gouvernement abandonnait cette partie du projet, satisfaisant ainsi les revendications patronales.

La FHP craint aussi que le projet de loi renforce les pouvoirs de l'Agence régionale de santé (ARS). Cette agence pourrait retirer aux cliniques une autorisation d'activités de soins ou fermer un service d'urgence parce que l'hôpital public voisin a besoin d'un afflux de patients. Les médecins libéraux, de leur côté, appellent aussi à la grève des soins durant la semaine de Noël. L'un des motifs de leur colère est que le projet de loi vise, d'après eux, à supprimer la liberté d'installation des libéraux.

Sur ces deux aspects également, le gouvernement tente de donner des gages aux patrons des cliniques et aux médecins. Il faudrait supprimer le numerus clausus et répartir les médecins en fonction des besoins, mais ce n'est ni le projet du gouvernement ni bien sûr la demande des médecins libéraux, qui eux abandonnent de plus en plus les consultations classiques pour des pratiques plus lucratives.

À la clinique Bordeaux Nord, la préoccupation des employés est de savoir si les patrons en grève les paieront, eux qui n'ont rien demandé. Ils se souviennent aussi de quelle façon désinvolte leur patron, comme la plupart de ceux de la filière, a refusé en mars de prendre en stage les élèves infirmiers pour faire monter le rapport de force contre le gouvernement, au moment où les cliniques protestaient contre les prétendus avantages concédés aux établissements publics.

À chaque fois que les patrons et les professions libérales sortent les griffes, le gouvernement s'aplatit. Par contre, pour faire payer les couches populaires, pas d'état d'âme ! Dans ce bras de fer entre l'État et les patrons, ce seront dans tous les cas les salariés, et en premier lieu ceux des cliniques, ainsi que les patients, qui paieront la note.

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