Renault Trucks, Vénissieux-Saint-Priest : Les travailleurs refusent d'être à la disposition du patron05/11/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/11/2414.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Renault Trucks, Vénissieux-Saint-Priest : Les travailleurs refusent d'être à la disposition du patron

Il y a plus d'un an, la direction de Renault Trucks, qui fait partie du groupe Volvo, a dénoncé l'accord sur l'organisation du temps de travail signé en 1999. Elle a ouvert des négociations pour la signature d'un nouvel accord, qu'elle espère avoir terminé à la fin de l'année pour une application au 1er avril 2015.

La direction voudrait imposer une aggravation de la flexibilité des horaires. En production, elle affirme que les jours de RTT, renommés « jours de repos », seront gardés, mais elle veut pouvoir les déplacer en fonction de la production. Elle propose donc de passer le cycle de travail de trois semaines à neuf ou douze semaines, voire même sur l'année, cycle qui a sa préférence. Le résultat serait des périodes avec beaucoup de travail sans aucun jour de repos, et d'autres avec moins de travail où elle imposerait de prendre les jours de repos.

De même, les majorations pour les heures supplémentaires seraient payées en fin de cycle, avec un retard de plusieurs mois, voire d'une année. Ces majorations pourraient d'ailleurs ne jamais être payées si, sur le cycle de travail, on ne dépassait pas 35 heures.

La direction veut aussi avoir la possibilité d'imposer des heures supplémentaires obligatoires. Jusqu'à présent elles étaient effectuées au « volontariat », même si celui-ci était souvent forcé, en particulier pour les nombreux intérimaires présents en production. Pour cela elle envisage d'allonger le temps de travail de 45 minutes quand cela l'arrange, avec un délai de prévenance de quelques jours, et un « overtime » quotidien de 30 minutes, autrement dit un allongement de la séance de travail en cours même de journée. Et, faire varier les horaires ne lui suffisant pas, elle voudrait pouvoir imposer de venir travailler les jours de repos ou les samedis.

Les travailleurs ont commencé à réagir. À l'usine de Blainville près de Caen, un premier débrayage spontané de 200 à 300 travailleurs a eu lieu. Puis, mardi 28 octobre, un nouveau débrayage a été un succès puisqu'il a regroupé 300 grévistes à Vénissieux et Saint-Priest et près de 600 à Blainville. Une satisfaction pour les grévistes, qui ne s'étaient pas retrouvés si nombreux depuis longtemps.

Malgré la direction qui multiplie les séances de « négociation » avec les syndicats tout en répétant que « rien n'est décidé », les travailleurs refusent ce qui est une remise en cause de leurs conditions de travail mais aussi de leur vie personnelle. Par exemple, la direction a supprimé il y a quelque temps les cars de ramassage du personnel dans la ville de Lyon, sous prétexte qu'il y avait des transports en commun publics. Si demain il fallait commencer à travailler encore plus tôt en équipe du matin, il n'y aurait plus aucun moyen de transport.

D'autres réunions vont encore avoir lieu, mais ce premier succès est un encouragement pour tous les travailleurs de Renault Trucks. Ils refusent d'être à la disposition des actionnaires de Volvo et sont décidés à faire ravaler son projet à la direction.

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