Fête de l'Huma : Le PCF sert la soupe aux « frondeurs » du PS17/09/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/09/une2407.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Fête de l'Huma : Le PCF sert la soupe aux « frondeurs » du PS

Une nouvelle fois, les militants, les sympathisants du PCF et un nombreux public populaire étaient présents au traditionnel rendez-vous de la fête de l'Huma.

Étaient bien moins nombreux, mais médiatiquement omniprésents, tous ceux qui mettent à profit l'événement pour se faire ou se refaire une réputation de gauche, sans grand risque que, du côté de leurs collègues parlementaires, on prenne leur exhibition vraiment au sérieux. On a donc pu voir bien évidemment Mélenchon qui, pour attirer les caméras, avait convié l'ex-trader Jérome Kerviel, l'ex-ministre écolo Duflot, et Placé, en souffrance d'un poste ministériel. Mais, surtout, les « frondeurs » de salon du PS.

Pour les frondeurs, la fête de l'Huma a été l'occasion de se démarquer à bon compte du gouvernement. S'ils ont eu la vedette, ils le doivent avant tout au choix des dirigeants du PCF, espérant trouver en eux un relais qui leur permettrait de relancer leur perspective d'alliance à gauche, boitillante depuis que Mélenchon a décidé de marquer plus nettement ses distances avec le Front de gauche.

Les militants et les sympathisants du PCF sont en effet de plus en plus nombreux à ne plus mettre leurs espoirs dans un Mélenchon, tant il est patent que l'ancien sénateur et ministre socialiste est de moins en moins disposé à faire une place à ses alliés-concurrents du PCF. Certes, les frondeurs du PS ne valent pas mieux, mais ils arrivent opportunément pour aider à relancer la machine à fabriquer les illusions que la direction du PCF remet en marche chaque fois qu'il en a l'occasion.

Ce serait, explique la direction du PCF, une opportunité de « déplacer le curseur politique vers la gauche », en rupture avec la politique libérale de Hollande. Une telle hypothèse, en supposant même que les frondeurs épousent les visées affichées du PCF, n'est guère probable. D'autant qu'ils savent, par expérience, qu'il ne suffit pas de se dire de gauche et de tenir des propos contestataires pour mettre en place une politique fidèle aux promesses et aux discours. Sans même prendre comme exemple Hollande, pourfendeur de la finance avant qu'il soit élu, il y a bien d'autres personnalités, y compris au sein de la direction du PCF, qui se sont alignées une fois ministres. Sans les citer tous, qu'on se souvienne d'un Gayssot, qui mit en oeuvre la privatisation d'Air France. La quasi-totalité des ministres issus du PCF ont abandonné leur parti, après avoir largement contribué à accroître les déceptions et les rancoeurs au sein des milieux populaires.

« Déplacer le curseur politique vers la gauche » relève de l'utopie. Ni Hollande ni le gouvernement n'en tiendraient compte, ni a fortiori le patronat, qui n'a cure du verdict des urnes, ou d'une décision de telle ou telle majorité parlementaire qui irait contre ses intérêts.

Il faudrait un rapport de force, des luttes, une conscience politique claire, une combattivité du monde ouvrier. Rien ne se fera automatiquement. Cela nécessite que ceux qui militent sincèrement et réellement pour défendre les intérêts de la classe ouvrière et des classes populaires préparent concrètement, sur le terrain, ces luttes et en définissent les objectifs.

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