Centrafrique : Quel que soit l'uniforme, la défense des intérêts impérialistes17/09/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/09/une2407.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Centrafrique : Quel que soit l'uniforme, la défense des intérêts impérialistes

En Centrafrique, les 7 600 soldats de l'Union africaine présents à côté des troupes françaises viennent de passer sous le commandement de l'ONU. Des contingents venant du Bangladesh, du Maroc ou du Pakistan sont en train de les rejoindre. Il y aura à terme 12 000 soldats de l'ONU, mais les 2 000 militaires français ne quittent pas pour autant le pays. Ils constituent toujours la force militaire décisive, chargée de faire appliquer la politique décidée à Paris. Les soldats venus des pays pauvres et aujourd'hui revêtus de l'uniforme onusien leur serviront de supplétifs, dans un pays où règne le chaos le plus total.

Lorsque l'armée française a débarqué à Bangui, les rebelles de la Séléka s'étaient emparé du pouvoir et massacraient les populations chrétiennes. La terreur a changé de camp avec l'arrivée des soldats français, et les milices dites anti-balakas se sont mises à terroriser la population musulmane. Depuis, la seule évolution a été l'éclatement des groupes issus de la Séléka et des anti-balakas en une multitude de bandes armées. Les petits tyrans qui les dirigent s'affrontent pour le contrôle d'une ville, d'un quartier ou de richesses minières. Ils constituent une menace mortelle pour la population, qu'ils rançonnent autant qu'ils peuvent.

Le 9 août, une fusillade a mis aux prises deux clans de miliciens anti-balakas dans le quartier de Boy-Rabe à Bangui. Le 26 août, ce sont deux fractions de l'ex Séléka qui se sont affrontées à Bambari, dans le centre du pays, pour le contrôle des barrières, c'est-à-dire de la possibilité de détrousser la population. Ce ne sont là que quelques-uns des combats au milieu desquels la population centrafricaine risque sa vie chaque jour.

En envoyant des troupes en Centrafrique, François Hollande voulait rétablir au plus vite un gouvernement prêt à défendre les intérêts de l'impérialisme français. Les stratèges de l'Élysée avaient prévu une transition à marche forcée, qui devait déboucher en février 2015 sur des élections. Aujourd'hui, l'insécurité est telle que le président de l'organisme chargé d'organiser ces élections a déclaré que le délai ne pourrait être tenu. Il n'y aura pas de scrutin avant la fin 2015, au mieux. D'ici là, les dirigeants français qui tirent les ficelles devront continuer à tenter d'amadouer les chefs des principales factions, en leur offrant une place autour de la mangeoire gouvernementale sous l'égide de la présidente Catherine Samba-Panza.

La présence de l'impérialisme français et de ses troupes depuis plus d'un siècle aboutit aujourd'hui à cette situation dramatique. Des décennies de pillage et de soutien à des dirigeants pour lesquels l'État était un moyen d'enrichir leur clan ont fini par déboucher sur l'actuelle insécurité généralisée. Les nombreuses interventions militaires françaises depuis l'indépendance, soutenues ou non par des missions de l'ONU, n'ont servi qu'à perpétuer ces liens de dépendance et d'exploitation. Tel est encore le seul but de l'opération en cours.

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