Seita - Carquefou (Loire-Atlantique) : La résistance s'organise22/05/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/05/une2390.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Seita - Carquefou (Loire-Atlantique) : La résistance s'organise

À Nantes, depuis l'annonce de la suppression du site de Carquefou (327 emplois menacés), la riposte s'organise à l'usine de fabrication de cigarettes de la Seita, rachetée en 2008 par le groupe anglais Imperial Tobacco, un des plus gros trusts mondiaux du tabac.

La direction avait pourtant bien caché son jeu avant l'annonce de la fermeture, prévue pour décembre prochain. En effet elle cherchait même des volontaires pour faire du travail en heures supplémentaires les vendredis, pour ceux qui étaient de semaine de quatre jours.

Dès que les travailleurs de la Seita ont appris la fermeture programmée de leur site, des actions collectives ont été organisées par l'intersyndicale, à majorité CGT : un rassemblement devant l'usine, deux marches dans la zone industrielle pour se faire voir du reste des travailleurs de la zone, touchés aussi par des plans de licenciements, notamment à Trelleborg Modyn, équipementier automobile où 95 emplois sont aussi menacés sur les 290 salariés qui restent encore à l'usine. À la manifestation du 1er mai à Nantes, un cortège de travailleurs de la Seita était en tête, et ils ont bien l'intention de ne pas en rester là.

Dans l'entreprise aussi, la lutte s'organise. Au grand dam de la direction, un trésor de guerre a été rassemblé au milieu de l'usine. Un mur de cartons pleins de cigarettes a été entreposé là. La direction, qui ne voit pas cela d'un très bon oeil, essaye de temps en temps d'enlever « cette verrue » trônant dans les ateliers à l'aide de quelques cadres, secondée par des huissiers.

L'infirmerie, de son côté, n'a jamais été aussi remplie. En effet, à l'annonce de la fermeture, la direction a elle-même proposé aux salariés qui le désiraient de disposer d'un soutien psychologique. Chaque fois que la direction essaye de faire reprendre la production de cigarettes en mettant la pression sur les ouvriers de la chaîne, l'infirmerie se retrouve donc prise d'assaut par les travailleurs concernés. Si un ouvrier est surpris par la direction en dehors de sa zone de travail et qu'elle lui demande ce qu'il fait là, la réponse fuse directement : « Je vais à l'infirmerie. »

La direction essaye de faire reprendre le travail à tout prix, pour sortir ses cartons de cigarettes qui lui rapportent tant ! Chaque salarié a rapporté par son travail 40 000 euros par mois aux actionnaires du groupe en 2013 et le coût de fabrication d'un paquet de gauloises blondes est de 4 centimes, avant d'être revendu 17 centimes par l'usine, avec une marge très confortable.

Les syndicats de leur côté essayent de reporter la réunion du comité central d'entreprise à la fin août. La direction, elle, aimerait la faire le plutôt possible, c'est-à-dire le 17 juin, avant les départs en vacances.

En attendant, le combat s'organise et ceux qui veulent y prendre part ont décidé de se regrouper dans un comité de lutte. Il faut se préparer à un bras de fer contre une direction qui n'en est pas à sa première fermeture, après celles des sites de Metz et Strasbourg en 2008, puis du site de Lille. Les emplois se réduisent comme peau de chagrin, malgré les 576 millions d'euros de bénéfices déclarés pour 2013. La Seita comptait encore 11 700 salariés en 1977, en 2015 ils ne seraient plus que 269 en manufactures. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes : qu'il s'agisse de produire des cigarettes ou autre chose, les capitalistes veulent supprimer le maximum d'emplois pour engranger plus de profits. C'est à cette logique infernale qu'il faut s'attaquer. Les travailleurs de la Seita en sont bien conscients et ils ne sont pas prêts à ne pas se laisser mettre à la porte sans réagir.

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