Nantes : En jupe ou pantalon, les « réacs » se sont fait rhabiller22/05/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/05/une2390.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Nantes : En jupe ou pantalon, les « réacs » se sont fait rhabiller

À l'appel de représentants lycéens du CAVL (Conseil académique de la vie lycéenne), et dans le cadre d'une journée d'action contre le sexisme et les discriminations intitulée « Ce que soulève la jupe », les lycéens nantais étaient invités à venir en classe vendredi 16 mai ainsi habillés. Jusque-là, cette journée d'action instituée en 2006 n'avait jamais posé problème.

Mais stimulés sans doute par leurs récentes manifestations, les représentants de la vieille droite réactionnaire nantaise, organisés dans deux collectifs : « Nantais pour la famille » et « Manif pour tous », avaient décidé d'appeler à un rassemblement la veille, devant le lycée Clemenceau en centre-ville. Il s'agissait de protester contre ce qu'ils appellent « la volonté de faire fondre petit à petit les différences entre les sexes » et le danger de « travestir nos garçons ».

Après s'être heurtés à une première réaction des lycéens, ils sont revenus à la charge le lendemain. Moins nombreux, ils sont venus expliquer aux élèves que leur place était dans les salles de classe et non à faire de la politique, qu'ils se faisaient manipuler par des tenants de « la théorie du genre », qu'il était normal que les femmes soient moins payées car moins productives quand elles sont enceintes, etc., etc.

Autant de balivernes qui ont été accueillies à juste titre par les quolibets et les huées de quelque 250 lycéens en jupes de toutes les tailles et de toutes les couleurs, qui ne se sont pas privés de les ridiculiser et de les traiter de fachos dans une ambiance festive, sous l'oeil des CRS venus au cas où...

Non seulement, ces « réacs » de tout poil n'ont pas eu le succès escompté, mais ils se sont ridiculisés auprès des jeunes qui ont pu juger sur pièce à quel point les idées de ces gens-là étaient d'un autre âge. Ce qui s'est soulevé ce jour-là devant les grilles d'un lycée, ce ne sont pas les jupes mais bien la protestation d'une partie de la jeunesse contre des idées qui viennent d'une autre époque, pas révolue pour tous, où les femmes - et les curés notons-le en passant - portaient la robe, ce qui n'est encore qu'un détail vestimentaire, mais surtout étaient considérées comme « le repos du guerrier ».

Les jeunes, en parlant de « soulever la jupe », ont donc aussi soulevé les toiles d'araignées qui encombrent certains cerveaux.

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