Dimanche 25 mai Votez et faites voter pour les listes Lutte Ouvrière22/05/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/05/une2390.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Editorial

Dimanche 25 mai Votez et faites voter pour les listes Lutte Ouvrière

Les élections européennes ont lieu dimanche. L'écoeurement et le dégoût suscités par la politique antiouvrière du gouvernement doivent s'exprimer.

Tant que nous ne sommes pas en mesure de faire reculer le gouvernement, nous sommes bien forcés de subir sa politique, mais nous pouvons dire que nous la rejetons. « Qui ne dit mot consent », dit le proverbe. Eh bien, il ne faut pas laisser croire que nous sommes consentants !

Il faut dire que trop, c'est trop. Il faut dire que l'on n'accepte pas ce chômage de masse, cette précarité, ce chantage à la compétitivité, quand les milliards débordent des coffres-forts de la bourgeoisie.

Cela ne remplacera pas les luttes nécessaires. Mais comment reprendre le chemin des mobilisations collectives, si nous ne commençons pas par dire que nous ne sommes pas d'accord et que nous ne voulons pas nous laisser faire ?

Le PS, l'UMP et le FN sont en compétition pour gouverner pour le compte de la bourgeoisie. Il faut tous les rejeter. Ils placent tous le débat sur un terrain qui est étranger aux intérêts des travailleurs. Ils opposent l'euro au franc, pour ne pas avoir à se positionner sur le niveau des salaires. Ils opposent la France à l'Europe, pour masquer la responsabilité patronale. Ils opposent le protectionnisme à la mondialisation, pour ne pas parler du capitalisme.

C'est de la diversion et les travailleurs n'ont pas à se laisser détourner du seul combat qu'ils ont à mener, celui qui leur permet d'inverser le rapport de force avec le grand patronat.

Le vote Lutte Ouvrière signifiera que les travailleurs renvoient dos à dos tous ces partis qui aspirent à gouverner sans rien changer à l'ordre social actuel. L'abstention, qui favorise l'un ou l'autre, ne suffit pas. Il faut exprimer sans ambiguïté une opposition ouvrière et mettre en avant ses exigences.

Lutte Ouvrière se présente au nom d'un programme de lutte pour les travailleurs : l'interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans baisse de salaire ; l'augmentation des salaires, des retraites et leur indexation sur l'inflation ; la transparence sur les comptes de la bourgeoisie et ceux des entreprises. Ceux qui partagent ces objectifs pourront le dire avec le bulletin Lutte Ouvrière.

Beaucoup, au premier rang desquels le Front national, disent que tout est de la faute de Bruxelles et qu'il faut considérer les travailleurs des autres pays d'Europe comme des concurrents, des ennemis ou des adversaires.

Des adversaires, ceux qui aux quatre coins de l'Europe subissent les mêmes licenciements, les mêmes blocages de salaire, la même démolition des services publics ? Des ennemis, les mineurs turcs qui sont morts dans l'explosion de la mine de Soma ? Des concurrents, ceux qui viennent travailler sur les chantiers de construction ? Des travailleurs comme nous tous, bien forcés d'aller où ils peuvent gagner leur vie !

Le patronat a unifié le sort des classes populaires dans toute l'Union européenne. De la Grèce à la Bulgarie en passant par l'Allemagne, les coupes dans les budgets publics, l'exploitation, les baisses de salaire, le chômage sont le lot de tous les travailleurs.

Les travailleurs d'Europe et d'ailleurs, contraints d'émigrer pour trouver du travail, se sont aussi mélangés. Il faut en faire une force.

Depuis toujours, le patronat cherche à mettre en concurrence les travailleurs, à casser les salaires et à aggraver l'exploitation. Il mise sur la résignation, sur les préjugés nationalistes et sur le fait que les travailleurs ne sauront pas s'organiser pour réagir. Ne tombons pas dans le piège.

Nos intérêts de classe nous unissent face au grand patronat. Il faut en être conscient et ne pas se laisser diviser. Il faut rejeter le nationalisme car, face à la bourgeoisie mondialisée, l'émancipation des travailleurs sera internationale ou ne sera pas.

Les travailleurs n'ont pas à se battre pour plus de frontières, ils ont à combattre le capitalisme. Le carcan, ce n'est pas l'Europe, c'est la loi du profit. Le verrou qu'il faut faire sauter, c'est le pouvoir absolu de la bourgeoisie et des financiers.

Qui démarrera le combat ? Les mineurs de Turquie ? Les ouvrières du Bangladesh ? Les ouvriers de Tunisie, d'Espagne, de Grèce, de France ? L'avenir nous le dira.

Alors, dans ces élections, affirmez que le prolétariat, avec ses composantes originaires de tous les continents, constitue une seule et même classe sociale. Affirmez que, moins il y a de frontières, mieux c'est pour les exploités. Affirmez la nécessité d'une société débarrassée de l'exploitation.

Votez et faites voter Lutte Ouvrière.

Éditorial des bulletins d'entreprise du 19 mai

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