Gouvernement Ayrault : 22 mois au service du patronat02/04/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/04/une2383.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Gouvernement Ayrault : 22 mois au service du patronat

En guise d'oraison à l'égard de Jean-Marc Ayrault qu'il venait de congédier, Hollande a qualifié son bilan à la tête du gouvernement précédent de « courageux » et les réformes accomplies comme « faisant honneur » à celui qui les avait prises. Qu'on en juge !

Les patrons voulaient plus de flexibilité ? Ils ont obtenu l'ANI, l'Accord national interprofessionnel, qui leur permet plus facilement de déplacer leurs salariés d'un site à un autre, de supprimer les RTT, voire de baisser les salaires des embauchés.

Les patrons voulaient encore plus de subventions ? Ils ont eu droit au CICE, le crédit impôt compétitivité emploi, qui leur rapportera 20 milliards d'euros par an sans aucune contrepartie en termes d'embauches. Les patrons voulaient des baisses de charges ? Le gouvernement a sorti le Pacte de responsabilité et 30 milliards de cadeaux supplémentaires, avec notamment la suppression de la part des allocations familiales payées par les employeurs.

Non contents de percevoir les cadeaux directs, les patrons ont aisément obtenu que le gouvernement réduise la part des dépenses publiques bénéficiant aux classes populaires : report progressif des départs en retraite jusqu'à 62 ans, avec une baisse supplémentaire des pensions à la clé ; accord sur l'indemnisation des chômeurs qui leur vole 800 millions d'euros par an. Et c'est sans compter toutes les économies budgétaires qui ont consisté à réduire les programmes destinés aux transports, aux handicapés, aux hôpitaux.

Pour financer les mesures en faveur du patronat, le gouvernement a augmenté la TVA et les impôts payés par les classes populaires. Des centaines de milliers de foyers jusqu'alors non imposables sur le revenu sont désormais taxés. De nombreux retraités ont vu les prélèvements sur leur pension augmentés alors que la revalorisation de celle-ci vient d'être repoussée de six mois.

Jusqu'à la veille des élections municipales - et après - le gouvernement a réitéré ses promesses de baisses d'impôts pour les entreprises et d'économies supplémentaires de 50 milliards d'euros d'ici 2017 sur les dépenses publiques. Les 22 mois du gouvernement Ayrault ont été accompagnés de discours incessants pour vanter la compétitivité, la nécessité d'augmenter les profits et d'abaisser les coûts du travail.

Un bilan qui mérite bien de figurer au tableau d'honneur... du Medef !

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