Goodyear Amiens : Cinq militants CGT en garde à vue02/04/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/04/une2383.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Goodyear Amiens : Cinq militants CGT en garde à vue

Six ans après les faits, alors que la plainte avait été classée sans suite, cinq délégués CGT de l'usine Goodyear d'Amiens ont été convoqués à la gendarmerie le 26 mars. Sans préavis, ils ont été placés en garde à vue et ont eu à subir, ainsi qu'une autre déléguée, une perquisition approfondie de leur domicile. Ils n'ont été relâchés qu'au bout de 38 heures.

Ce ne sont pas moins de trois juges d'instruction qui se sont emparés de cette plainte, introduite en 2008 par le syndicat CFE-CGC agissant comme relais de la direction de ce groupe multi-milliardaire. À l'époque, les travailleurs étaient soumis au chantage suivant : ceux qui étaient en équipe auraient dû accepter une forte dégradation de leurs conditions de travail, travailler en cinq équipes, sinon c'était la fermeture ou au minimum des licenciements massifs.

Par des grèves, des votes ultra-majoritaires, les travailleurs s'opposèrent massivement à ce chantage. C'est dans ce contexte d'agression patronale que la CGC porta plainte pour menaces et insultes.

Après une lutte difficile, qui s'est terminée par la fermeture scandaleuse de l'usine d'Amiens et le licenciement de 1 800 salariés, trois juges d'instruction ont tenu à déployer la manière forte, comme pour punir ces délégués de leur combat, et parmi eux le leader de la CGT Mickael Wamen.

Mais les patrons vont bien au-delà des « menaces et insultes ». Ils agressent les travailleurs de façon violente, ils vont jusqu'à les priver de leur gagne-pain, sans que cela choque, tant il est dans l'ordre bourgeois des choses de penser et d'agir ainsi. Et, à l'opposé, ceux qui défendent les droits des salariés sont par nature des ennemis de classe à combattre par tous les moyens.

Dans l'autre camp, celui des travailleurs, la solidarité va à ceux qui sont poursuivis pour leur action de militants ouvriers.

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