L'Oréal : Crème surgrasse pour les actionnaires12/02/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/02/une2376.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

L'Oréal : Crème surgrasse pour les actionnaires

Il y a à peine un mois, Jean-Paul Agon, PDG de L'Oréal, réagissait sobrement au nouveau cadeau de 30 milliards d'euros au patronat annoncé par Hollande avec son pacte de responsabilité. Pour lui « c'est un début », un « pas dans la bonne direction », répondant selon lui au problème des entreprises « étouffées par les coûts de production ou les charges trop élevées ».

Il faut croire que, depuis, la situation s'est nettement améliorée. Les résultats annuels de L'Oréal publiés lundi 10 février affichent un record absolu de rentabilité, avec des marges de 16,9 %. Les bénéfices, de l'ordre de 3 milliards d'euros, sont encore en hausse. Quant aux actionnaires, le PDG s'apprête à leur proposer une augmentation de 8,7 % des dividendes. Malgré des emplettes multiples par le groupe de nouvelles marques à travers le monde, comme Vogue ou Emporio Body Store, il restait encore 2,2 milliards d'excédent de trésorerie dans les caisses en fin d'année.

Pour la suite, le PDG du trust numéro 1 mondial de la cosmétique affiche un objectif qui sonne rond : un milliard de nouveaux consommateurs. L'année commence bien puisque la famille Bettencourt et le groupe Nestlé, les deux principaux actionnaires de L'Oréal, ont trouvé un nouvel accord de partage du gâteau. En échange des parts de L'Oréal dans une filiale commune, Galderma, et de 3,4 milliards d'euros en sus, qui viendront s'ajouter aux 3 milliards de bénéfices du groupe suisse l'année dernière, Nestlé a accepté de céder à son partenaire 48,5 millions d'actions de... L'Oréal. Celles-ci seront ensuite détruites, ce qui devrait faire monter la valeur de celles qui restent, et la fortune de leurs détenteurs.

La famille Bettencourt est aux anges, elle qui, sans même dépenser un euro, voit son capital grandir et son contrôle sur le groupe renforcé. Et les milieux financiers qui gravitent autour du pot de miel salivent déjà sur la montée annoncée du cours de l'action.

Ces petits arrangements entre grands bourgeois se font sur le dos et le travail quotidien des plus de 70 000 travailleurs du groupe. C'est l'augmentation de leur exploitation qui est à l'origine de ces montagnes de profits.

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