Slovaquie : Montée de l'extrême droite28/11/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/11/une2365.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Slovaquie : Montée de l'extrême droite

En Slovaquie, petit pays voisin de la Tchéquie, au centre de l'Europe, un leader d'extrême droite vient de se faire élire à la tête d'une région du centre du pays. Alors qu'il avait obtenu 21 % des voix au premier tour, Marian Kotleba a été élu avec plus de 55 % des voix au second tour, face à un candidat social-démocrate du parti au pouvoir.

La Slovaquie a été présentée pendant des années comme un « tigre » économique à cause de son fort taux de croissance. C'était en effet une sorte d'eldorado pour multinationales européennes de l'automobile. La présence d'une classe ouvrière qualifiée a ainsi attiré des grands groupes comme Volkswagen, PSA ou Hyundai, à tel point que le secteur de l'industrie automobile représente maintenant un tiers du produit intérieur brut.

Pour les classes populaires, le taux de croissance élevé n'empêchait pas les salaires de misère, mais le retournement économique après la crise de 2008 a considérablement aggravé la situation, et de façon très brutale. Alors que le taux de chômage était officiellement de moins de 10 % fin 2008, il s'est mis à grimper brutalement, pour se situer, toujours selon les chiffres officiels, entre 14 % et 15 % depuis au moins trois ans. C'est dans ce contexte économique que s'est faite la percée électorale du courant fascisant de Kotleba.

Kotleba est connu pour être un admirateur du dictateur slovaque Jozef Tiso qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, avait livré des dizaines de milliers de Juifs aux camps d'extermination nazis. Il aime aussi se montrer avec les membres de son parti en uniforme paramilitaire rappelant celui des milices du parti nazi de Hitler. Lors de la campagne électorale, il a usé d'une virulente démagogie antitsiganes et antipauvres, déclarant qu'il mettrait « fin au traitement préférentiel injuste des parasites, et pas uniquement les Tsiganes ».

Ce résultat électoral est un coup de semonce pour les travailleurs slovaques. Car, le régime politique qu'un tel parti mettrait en place, qui serait tout aussi servile vis-à-vis des grandes multinationales européennes, serait un régime féroce contre les travailleurs.

C'est aussi une leçon au-delà de la Slovaquie. Car avec l'aggravation de la crise, si la classe ouvrière ne retrouve pas le chemin des luttes collectives pour ses revendications et pour représenter un espoir pour toutes les victimes de la crise, alors cela peut être des courants d'extrême droite qui canaliseront la colère de certaines catégories sociales, pour les retourner contre les pauvres et les travailleurs.

Partager