Se saisir de toutes les occasions pour affirmer les revendications des travailleurs. Interdiction des licenciements, non à la hausse de la TVA !28/11/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/11/une2365.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Editorial

Se saisir de toutes les occasions pour affirmer les revendications des travailleurs. Interdiction des licenciements, non à la hausse de la TVA !

Y aura-t-il une « remise à plat » fiscale, comme Ayrault l'a annoncé ? Ou sa déclaration tombera-t-elle à plat ? Une chose est sûre : il ne faut attendre aucune « justice fiscale » de ce gouvernement.

Du point de vue des travailleurs, la seule politique fiscale juste serait la suppression des impôts indirects, la suppression de toutes ces taxes qui vont de la TVA à la taxe sur les carburants, en passant par les taxes sur les boissons, le tabac ou la télévision. Ce serait que l'impôt sur le revenu ne s'applique pas aux salaires des travailleurs ni à leurs pensions de retraite, et qu'il ne s'applique qu'aux véritables revenus, c'est-à-dire à l'argent qui est tiré de l'exploitation par le biais du capital.

La seule politique fiscale juste serait de faire payer les capitalistes sur les profits tirés de l'exploitation, pas les travailleurs.

Outre que le salaire permet tout juste de joindre les deux bouts pour des millions de travailleurs, il ne représente pas l'intégralité de la richesse qu'ils produisent : il est amputé de la plus-value qui finit dans la poche des patrons. Les exploités payent déjà, bien malgré eux, leur tribut au système. Pourquoi doivent-ils payer une seconde fois, avec des impôts ?

Les professeurs de morale prétendent que l'impôt est l'acte citoyen par excellence, le prix de nos services publics. Mais les services publics ont bon dos ! Les trois milliards prévus pour acheter des avions Rafale à Dassault, les centaines de millions dépensés pour les guerres de l'armée française au Mali ou ailleurs n'ont rien à voir avec le service public. Comme les dizaines de milliards d'aides versées aux banques et aux grands groupes capitalistes pour traverser la crise ne sont pas des « dépenses publiques ».

C'est de l'argent qui est allé grossir les fortunes privées des actionnaires et de la bourgeoisie. En quoi ces milliards ont-ils été utiles à la société ? Ont-ils empêché les licenciements ? Ont-ils freiné la montée explosive du chômage ? Ont-ils permis de secourir les petites entreprises, les petits commerçants, les artisans les plus mal en point ? Que non ! Si ces milliards avaient été jetés par les fenêtres, ils auraient été plus utiles à la population !

Que, chaque année, l'État verse aux banquiers près de 60 milliards pour le remboursement de la dette résume à lui seul ce qu'est l'impôt : un racket des classes populaires au profit des financiers.

La priorité des gouvernements, ce n'est pas les hôpitaux, l'enseignement, les transports : c'est d'entretenir un État, une armée au service de la bourgeoisie. C'est garantir que l'État serve de vache à lait pour les capitalistes de la finance, de l'industrie et autres parasites.

Eh bien, qu'il se débrouille pour trouver l'argent auprès de ceux qui en ont : les capitalistes ! Mais les travailleurs n'ont pas à se laisser faire les poches.

Lors de la campagne présidentielle, Hollande avait promis une « grande réforme fiscale ». Il n'est capable que de prendre dans la poche des pauvres pour donner aux riches.

Pourquoi le gouvernement veut-il augmenter la TVA au 1er janvier prochain, alors qu'il fustigeait celle que Sarkozy avait annoncée ? Pour payer, explique-il, le crédit compétitivité fait au patronat ! Ce sont donc les plus pauvres qui paieront le cadeau de 20 milliards par an, en payant plus cher leurs transports en commun, leurs vêtements, leurs équipements, etc.

Tous ceux qui sont trop pauvres pour payer l'impôt sur le revenu paieront donc, eux aussi, une partie de ce cadeau fait aux riches, et au même taux que les millionnaires. Qu'attendre d'un gouvernement prêt à une telle injustice ?

Plus largement, que peut-il y avoir d'équitable dans ce système capitaliste basé sur l'exploitation, un système où l'enrichissement de quelques-uns est basé sur l'appauvrissement du plus grand nombre ? La justice élémentaire demanderait que chacun puisse gagner sa vie en travaillant. La justice imposerait qu'il soit mis fin à l'exploitation et au vol du fruit du travail des classes productives.

La véritable révolution fiscale, ce serait l'expropriation des exploiteurs et la gestion par les travailleurs des richesses créées collectivement.

Nous n'en sommes pas là mais, quand l'occasion de manifester nous est donnée, et ce sera le cas dimanche 1er décembre avec la manifestation à Paris appelée par le Front de gauche, à laquelle Lutte Ouvrière s'associe, il faut affirmer nos revendications immédiates : l'interdiction des licenciements, la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire, le rejet des nouvelles taxes, le refus de payer l'augmentation de la TVA.

Éditorial des bulletins d'entreprises du 25 novembre

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