Rapport Bailly sur le travail du dimanche : Pas grand-chose à en attendre20/11/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/11/une2364.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Rapport Bailly sur le travail du dimanche : Pas grand-chose à en attendre

Après l'affaire du travail du dimanche qui avait agité en septembre les magasins Sephora, Castorama, Leroy-Merlin et autres, le gouvernement avait nommé un rapporteur, Jean-Paul Bailly, pour « clarifier le cadre juridique » et « examiner les faiblesses du dispositif actuel, éclairer les enjeux de l'ouverture de certains commerces le dimanche et faire des propositions au gouvernement ».

Le rapport sera publié le 22 novembre, mais on en connaît déjà les grandes lignes et, sans surprise, il répond aux demandes des patrons. Il serait donc question de permettre aux maires de délivrer deux fois plus d'ouvertures dérogatoires, dix au lieu de cinq actuellement. En ce qui concerne les salaires ce n'est pas mieux, car le rapport préconiserait que les compensations, accordées aux travailleurs acceptant de venir le dimanche, varient en fonction de la taille du commerce. Une telle mesure sera bien sûr défavorable aux salariés des petits commerces, sous prétexte que le patron n'aurait pas les moyens de payer. Le rapport parlerait de « redonner de l'oxygène aux petits commerces »... sur le dos de leurs salariés bien sûr.

Enfin, le rapport viserait à supprimer les « incohérences » de la loi Mallié de 2009, qui autorise l'ouverture des magasins d'ameublement mais pas celle des magasins de bricolage. Et, bien sûr, ce serait pour autoriser l'ouverture de tous ces magasins.

Le rapport Bailly n'est pas encore publié, mais on peut déjà penser que les travailleurs ne doivent rien en attendre, en tout cas pas pour se défendre contre les exigences du patronat. Ils doivent plutôt en craindre des facilités nouvelles accordées aux patrons pour ouvrir le dimanche et s'en prendre à leur niveau de vie, à leurs salaires et à leurs conditions de travail. La preuve, s'il en fallait encore une, que le gouvernement entend bien permettre la banalisation et l'extension du travail du dimanche pour répondre favorablement aux exigences du patronat du secteur.

Partager