Aéroport de Toulouse-Blagnac : Agents de nettoyage en lutte20/11/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/11/une2364.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Aéroport de Toulouse-Blagnac : Agents de nettoyage en lutte

ATB, la société gestionnaire de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, sous-traite le nettoyage à plusieurs sociétés : l'une nettoie les abords extérieurs, une autre le hall D, et la société TFN s'occupe des trois autres halls. Ces sociétés sont soumises tous les deux ou trois ans à des appels d'offres d'ATB ; leurs patrons, pour conserver ou gagner un marché, doivent toujours faire la meilleure offre. Ils se rattrapent sur les conditions de travail et de salaire des agents.

TFN, qui a remporté le dernier marché, ne déroge pas à cette règle. Les agents viennent avec leurs propres vêtements ou les tenues d'anciens employeurs. Les chariots de nettoyage sont déglingués, la salle de repos est un sous-sol sans fenêtre qui sert aussi de réfectoire et de vestiaire. Les plannings changent constamment, les week-ends sont presque toujours travaillés et, par-dessus tout, les pressions et les menaces du chef de site sont incessantes.

Pour les travailleurs de TFN, il était temps que cela s'arrête. Ils se sont mis d'accord entre eux et le 7 novembre au soir, à la prise de service, ils se sont tous croisé les bras. Pendant les cinq jours qu'allait durer la grève, tous les agents de nettoyage des halls de l'aéroport en CDI, une vingtaine, ont été dans le mouvement. Trois autres agents avaient des contrats maison : le patron leur fait signer leur contrat en CDD lorsqu'il se débarrasse d'eux ! Ces agents ont travaillé, mais en refusant de nettoyer la zone tenue par les grévistes. Le patron a alors envoyé des personnes extérieures remplacer ceux-ci mais, devant leur colère, il trouvait de moins en moins de volontaires et ceux qu'il trouvait restaient en poste de moins en moins longtemps.

ATB, parfaitement au courant de ces méthodes illégales et largement informé par les grévistes eux-mêmes, a brillé par son mutisme, révélant une fois de plus la complicité entre le donneur d'ordres et les sous-traitants voyous.

Les grévistes ont inondé l'aéroport de tracts et d'affichettes, rencontrant de nombreuses marques de soutien parmi les salariés de l'aéroport mais aussi les passagers.

Après cinq jours, alors que la propreté de l'aéroport commençait à s'en ressentir, le patron régional de TFN est venu rencontrer les grévistes. Il a accepté de donner des tenues, de changer le matériel défectueux et s'est engagé à faire cesser les pressions et les menaces du chef de site. Il a également accepté de payer la totalité des heures de grève et a même accordé la journée payée à ceux qui devaient prendre leur service le soir ou le lendemain.

Pour les grévistes, cela ne suffisait toujours pas. Le patron a alors dû accepter d'augmenter de 20 euros une prime mensuelle qui passera ainsi à 60 euros, et les grévistes ont obtenu que cette prime soit étendue aux agents qui ne la touchaient pas jusque-là, car ils avaient été embauchés après la reprise du marché.

C'est avec un sentiment de victoire et de revanche que les grévistes ont décidé de reprendre le travail, après une journée de repos... payée par le patron !

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