Hollande dans les pas de l'union sacrée13/11/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/11/une2363.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Hollande dans les pas de l'union sacrée

À l'occasion de l'ouverture des cérémonies commémorant le centenaire de la guerre de 14-18, François Hollande a fait un discours reprenant les rengaines patriotardes les plus éculées. « La France, a-t-il dit, peut souffrir, traverser des épreuves, connaître des divisions (...) mais elle est la France. Elle nous rappelle la force d'une nation quand elle est rassemblée. »

Rien d'étonnant que des actuels dirigeants du PS embouchent les clairons des va-t-en-guerre. En 1914, les dirigeants du Parti socialiste d'alors avaient rallié le camp de la bourgeoisie, dans une soudaine volte-face, laissant les militants déboussolés face à la boucherie qui s'annonçait. Au nom de la nation rassemblée, vantée aujourd'hui par Hollande, ils ont activement aidé la bourgeoisie à envoyer à la mort des millions d'hommes. Depuis, des leaders socialistes ont remis leur uniforme de va-t-en-guerre, à chaque fois que les intérêts de la bourgeoisie le nécessitaient. Hollande n'a-t-il pas lancé les troupes françaises au Mali et ne s'apprête-t-il pas à intervenir en Centrafrique ? En fait les socialistes se sont compromis dans la quasi-totalité des sales guerres coloniales : au Vietnam, à Madagascar, en Algérie, pour ne citer que les principales.

Ne lésinant pas sur le volet patriotique, Hollande a évoqué dans son discours « l'impérieuse nécessité de faire bloc si nous voulons gagner les batailles qui, aujourd'hui, ne sont plus militaires mais économiques, et qui mettent en jeu notre destin et notre place dans le monde. » Les appels à l'unité nationale, à la « France », et à la « République », sont les mêmes mensonges au nom desquels les travailleurs devraient accepter des sacrifices, comme il y a cent ans, en 1914, ces bobards servaient à envoyer dans les tranchées les paysans, les ouvriers transformés en soldats pour les profits des marchands de canons et autres capitalistes. Aujourd'hui, leurs héritiers invoquent le patriotisme économique pour faire trimer les salariés pendant que les exploiteurs engrangent les profits.

Pour se défendre, les travailleurs de tous les pays doivent prendre conscience de leurs intérêts communs et refuser de se laisser leurrer par les discours qui voudraient leur faire croire que les patrons exploiteurs et licencieurs sont dans le même camp qu'eux.

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