Pays-Bas, manipulation de taux : Quand les banquiers piquent dans la caisse08/11/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/11/une2362.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Pays-Bas, manipulation de taux : Quand les banquiers piquent dans la caisse

La banque néerlandaise Rabobank vient d'annoncer qu'elle a négocié avec les autorités de marché américaines une amende de 774 millions d'euros pour son rôle dans la manipulation du Libor.

Ce taux d'intérêt du marché monétaire, censé refléter la réalité du marché du crédit interbancaire, a en effet été modifié pendant plusieurs années par les banques en fonction de leurs intérêts. Or il sert de référence pour un grand nombre de produits financiers et pour fixer les taux d'intérêt des prêts aux entreprises et aux ménages.

Quatre banques, dont UBS, Barclays, et Royal Bank of Scotland, ont déjà dû payer au total plus de 1,5 milliard d'euros d'amendes. Et ce n'est apparemment qu'un début.

Le 31 octobre Fannie Mae, organisme de refinancement immobilier américain, a déposé une plainte contre neuf grandes banques internationales – à nouveau Rabobank, Barclays, Royal Bank of Scotland, et UBS, mais aussi Crédit suisse, Deutsche Bank, Bank of America, Citigroup, JPMorgan Chase – et contre l'Association des banques britanniques qu'elle accuse de lui avoir fait perdre 800 millions de dollars à la suite de cette fraude. Cet argent n'a pas été perdu pour tout le monde : ce sont les banquiers fraudeurs qui l'ont encaissé.

Dans le même temps, la presse révèle que des grandes banques internationales sont maintenant accusées d'avoir manipulé les taux du marché des devises, qui servent à en déterminer les prix. Les autorités de contrôle des marchés financiers britannique, américain et suisse mènent une enquête sur le sujet depuis plusieurs mois. Dans ce cadre, au total une douzaine de traders intervenant sur le marché des devises ont été mis à pied à Londres. Un fonds de pension basé dans le Massachusetts vient de porter plainte sur ce motif contre sept grandes banques : il s'agit de Deutsche Bank et, une fois encore, de Barclays, Citigroup, Crédit suisse, UBS, JPMorgan Chase et Royal Bank of Scotland.

Le marché des devises est devenu l'un des principaux supports de la spéculation financière : en trois ans, le volume des transactions a augmenté de plus d'un tiers, pour atteindre 5 300 milliards de dollars par jour. Or, écrit un journaliste du Monde, « les régulateurs ne s'intéressent pas à ce marché ». La poignée de grandes banques internationales qui le contrôlent ont donc les coudées franches : il suffit qu'elles arrangent un peu les chiffres pour prélever leur dîme au passage et gagner à tous les coups. Compte tenu du montant des échanges, c'est le casse du siècle !

Bien sûr, certaines banques peuvent se faire prendre la main dans le sac. Mais, dans ce monde-là, le vol n'est pas puni : tout ce que les délinquants risquent est d'avoir à rendre une partie, une toute petite partie, de ce qu'ils ont volé.

Partager