Alors que la trêve hivernale intervient : Des expulsions en hausse08/11/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/11/une2362.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Alors que la trêve hivernale intervient : Des expulsions en hausse

La trêve hivernale a débuté jeudi 31 octobre à 21 heures, sur fond d'expulsions en hausse. La seule réponse que le gouvernement a trouvée au problème a été d'allonger cette trêve de quinze jours, soit de la faire aller jusqu'à la fin mars 2014, au lieu du 15 mars.

Un collectif, regroupant entre autres la fondation Abbé-Pierre, Emmaüs et le collectif Jeudi Noir, a dénoncé une hausse significative des expulsions effectuées avant la trêve. En 2012, plus de 115 000 jugements d'expulsions ont été prononcées dont on estime que 50 000 auraient entraîné un départ effectif. Sur dix ans, selon la fondation Abbé-Pierre, le nombre d'expulsions effectives a augmenté de 40 % et le nombre d'expulsions avec intervention de la police a doublé.

La trêve hivernale ne fera que reporter le problème. Les expulsions auront de toute façon lieu plus tard. Ensuite, si la trêve concerne les expulsions proprement dites, elle ne bloque pas les procédures qui, elles, pourront continuer de se dérouler, pour s'appliquer effectivement à partir d'avril prochain.

C'est une frange de plus en plus importante de la population qui risque de se trouver en difficultés pour payer un loyer dans les temps à venir. Il y a donc tout lieu de penser que le nombre d'expulsions va continuer d'augmenter.

Le collectif a également dénoncé à juste titre le fait que, dans la loi de finances de 2014, il a été décidé de geler l'augmentation de l'aide personnalisée au logement (APL) qui bénéficie à 6,2 millions de personnes. Le gouvernement a indiqué à cette occasion que cela permettrait d'économiser 177 millions d'euros, indiquant dans le même temps que la revalorisation l'année précédente avait coûté 362 millions d'euros. C'est donc plusieurs millions de manque à gagner pour les plus démunis.

La situation du logement pour les plus pauvres s'aggrave, et la seule réponse que le gouvernement propose est de réduire les budgets qui permettent, si ce n'est de résoudre les problèmes, du moins dans certains cas d'éviter les catastrophes.

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