Herakles (Gironde) : Les patrons veulent fusionner les profits23/10/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/10/une2360.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Herakles (Gironde) : Les patrons veulent fusionner les profits

Plus de 250 travailleurs ont à nouveau débrayé sur les sites d'Herakles au Haillan et à Saint-Médard-en-Jalles, en Gironde, le mardi 22 octobre. Pour la quatrième fois depuis le 10 octobre, 250 et 400 d'entre eux se sont retrouvés pour s'opposer aux changements des conditions de travail et de salaires que veut imposer la direction.

Herakles, filiale de Safran, est une entreprise qui est née de la fusion de SPS, filiale de Safran et de la SME, l'ancienne Société Nationale des Poudres et Explosifs, que l'État a donnée en cadeau à Safran. Herakles emploie sur les sites girondins du Haillan environ 1 500 travailleurs ex-SPS et, sur le site voisin de Saint Médard-en-Jalles, près de 600 travailleurs ex-SME. La fusion est en fait l'occasion pour la direction d'Herakles de remettre en cause un certain nombre d'acquis des travailleurs des deux sites... sous prétexte d'égalité.

Ainsi, depuis des mois la direction a organisé de prétendues négociations pour aligner les contrats de travail des deux entreprises. Si elle accorde certaines primes à Saint-Médard, à l'égal du Haillan, il n'est pas question pour elle d'aligner tout par le haut, bien au contraire. Par exemple, pour les travailleurs de Saint-Médard, la direction impose une augmentation du temps de travail de 35 à 36 heures, ceux du Haillan travaillant 36 heures. Mais ceux du Haillan auraient préféré travailler 35 heures payées 36, avec des embauches correspondantes, Herakles en a les moyens.

De même, les augmentations générales pour les cadres de Saint-Médard sont supprimées au prétexte que ceux du Haillan n'en ont pas. Pourtant, les prix augmentent pour tous !

Au Haillan, la direction joue la division entre générations. Ainsi elle revient sur le remboursement des frais kilométriques pour les nouveaux embauchés. De même, elle ne compense la perte des points de cotisation retraite complémentaire que pour les plus de 50 ans. Diviser pour régner, la ficelle est grosse...

À cela s'ajoute la suppression de la récupération des samedis tombant les 14 et 15 août, et celle de la demie-journée veille de Noël. Au Haillan toujours, la direction veut aussi imposer que les nouveaux embauchés n'aient droit aux cinq jours d'ancienneté qu'après huit ans, au lieu de cinq.

Pour la direction, il n'y a plus rien à négocier et les syndicats complaisants osent présenter les reculs de cet « accord » comme mineurs, alors que globalement, cela revient à faire payer les uns pour les autres, pour ne pas toucher aux profits, voire pour les augmenter.

Pourquoi donc les conditions de travail à Herakles, à Saint-Médard ou au Haillan, devraient-elles reculer ? Cette fusion a été décidée pour qu'Herakles, Safran et, derrière, leurs actionnaires puissent arrondir leurs profits déjà faramineux. Pas question que les travailleurs y perdent le moindre centime ou le moindre acquis.

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