Montreuil : Chassés par la guerre de Libye, les sans-papiers des Collectifs Bara s'organisent10/10/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/10/une2358.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Montreuil : Chassés par la guerre de Libye, les sans-papiers des Collectifs Bara s'organisent

Lundi 7 octobre, le Collectif Bara des jeunes travailleurs maliens se réunissait de nouveau à la Bourse du travail de Montreuil pour faire le point sur leur situation. La réunion s'est ouverte par une minute de silence en hommage aux travailleurs africains naufragés au large de Lampedusa, suivi d'un rappel de la situation de ces travailleurs privés de papiers et de logement.

À la suite de l'intervention impérialiste en Libye, et après la chute de Kadhafi, de nombreux Africains et parmi eux de jeunes Maliens ont subi une véritable chasse à l'homme les contraignant à fuir le pays. Ils ont d'abord rejoint l'Espagne et l'Italie avant que la crise ne serve de prétexte aux gouvernements de ces pays pour les chasser. De nombreux jeunes Maliens se sont alors tournés vers la France. Certains, connaissant l'importance de la communauté malienne à Montreuil, y ont cherché refuge.

Depuis juillet-août 2012, des centaines de ces réfugiés, parfois très jeunes (16 ans), se sont donc retrouvés à proximité du plus ancien foyer de la ville, sans ressources ni logement. Ils ont décidé de s'organiser, de se défendre, se regroupant dans des collectifs qui portent le nom de la rue et du foyer devant lequel ils sont contraints de se rassembler, d'où leur nom, les Collectifs Bara. Aujourd'hui, à peu près 300 personnes en font partie. À partir de décembre 2012, un plan d'hébergement d'urgence a permis à 160 personnes de trouver un abri provisoire dans des foyers Adoma. Ce plan est maintenant terminé, les gens se retrouvent ou vont se retrouver rapidement tous à la rue.

L'autre groupe, d'une centaine de personnes, a déjà passé tout un hiver à dormir dans la rue, dans des halls d'immeubles ou chez des habitants. Durant le rude hiver 2012, un jeune travailleur malien de 23 ans est mort de froid dans la rue. Ce groupe a essayé au mois de mars d'occuper un bâtiment du conseil général, rue Rapatel à Montreuil. Il en a été violemment expulsé par la police, alors que ce local était vide depuis des années.

Le 7 décembre prochain, Hollande doit réunir les dirigeants africains pour évoquer cyniquement « la sécurité sur le continent ». Des représentants du collectif ont dit lors de la réunion que ce serait une bonne occasion de se manifester. Ils ont également rappelé que les « déplacés » maliens qui n'ont pas trouvé refuge sont encore des centaines de milliers. Tout le monde voit bien que la politique du gouvernement Hollande ne fait que prolonger les lois anti-immigrés des précédents gouvernements.

Ce que demandent ces travailleurs maliens victimes des guerres qu'a menées la France sur le continent africain est plus que légitime : un hébergement stable pour tous, un droit au séjour qui leur permette de travailler et un soutien concernant la nourriture et les vêtements.

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