Université d'été du Medef : Moscovici applaudi par les patrons04/09/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/09/une2353.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Université d'été du Medef : Moscovici applaudi par les patrons

Six ministres du gouvernement Hollande ont été invités aux journées de l'université d'été du Medef, qui se sont tenues les 28, 29 et 30 août. Si certains - et en l'occurrence certaines, Fleur Pellerin, ministre des PME, et Sylvia Pinel, de l'Artisanat - s'y sont fait copieusement huer, deux s'y sont fait applaudir.

Il faut dire qu'ils ont l'un et l'autre caressé leur auditoire de patrons grands et plus ou moins petits dans le sens du poil. Montebourg, ministre du Redressement productif, a notamment appelé « l'ensemble des Français à se mobiliser pour l'allégement des charges des entreprises ». Mais surtout Moscovici, ministre de l'Économie, dialoguant avec le nouveau patron du Medef, Gattaz, s'est présenté d'emblée comme le « ministre de l'entreprise ».

Moscovici a commencé par confirmer que la hausse des cotisations patronales aux caisses de retraite, décidée dans le cadre de la réforme des retraites du gouvernement Ayrault, « sera intégralement compensée par une baisse des cotisations patronales aux caisses d'allocations familiales dès 2014 et pour l'intégralité du mandat ».

Il a aussi précisé que le gouvernement souhaitait aller plus loin dans cette voie - la baisse du coût du travail - promettant l'ouverture d'une « concertation entre partenaires sociaux » sur la baisse - voire la suppression - de ces cotisations patronales (qui représentent chaque année au total 34 milliards d'euros). Sur la question de savoir comment sera compensé le trou correspondant dans les recettes de la branche famille de la Sécurité sociale, Moscovici a été flou, sauf sur un point : ce ne sont pas les entreprises qui paieront. Dès 2014, a-t-il déclaré, le gouvernement s'engage d'ailleurs à « stabiliser le niveau des prélèvements obligatoires - autrement dit à ne pas augmenter les impôts, taxes et autres cotisations sociales - qui pèsent sur les entreprises ». Ce qui veut dire que, sous une forme ou sous une autre (hausse de la TVA, de la CSG, ou nouvelles coupes dans le budget des services publics, rien n'est encore décidé) c'est donc la population laborieuse qui paiera.

Moscovici a encore annoncé à son auditoire patronal que le gouvernement avait abandonné le projet d'augmenter la taxe sur les dividendes et qu'il avait « demandé à l'administration fiscale que le CICE - les 20 milliards par an du crédit d'impôt compétitivité emploi - soit exclu des contrôles fiscaux ». Les patrons pourront donc en bénéficier sans avoir de comptes à rendre.

Le dialogue entre le ministre et Gattaz a été, note un journaliste du Monde qui y assistait, « courtois, presque complice ». C'est tout dire.

Gattaz s'est fait élire à la tête du Medef avec l'intention d'en faire un « Medef de combat ». « Nous devons être au combat ensemble, avec la même bataille pour l'emploi et la croissance », lui a répondu Moscovici. En fait de bataille, le patronat mène une véritable guerre contre le monde du travail, à coups de licenciements, de bas salaires, d'aggravation de l'exploitation... Dans cette guerre, le gouvernement n'est pas dans le camp des travailleurs. C'est clair.

Partager