Franprix : La CGT indésirable04/09/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/09/une2353.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Franprix : La CGT indésirable

Un militant de la CGT, Joanny Poncet, a été licencié le 22 juillet du magasin Franprix boulevard Magenta à Paris où il travaillait comme directeur adjoint. Depuis quatre ans, la direction du groupe Sarjel qui exploite une centaine de Franprix en Ile-de-France s'acharnait sur ce militant qui avait eu le tort d'adhérer à la CGT et de vouloir créer une section syndicale dans ce magasin.

Tout commence en 2009, quand le militant de la CGT demande la tenue d'élections professionnelles. La direction, contrainte de les organiser, n'en discute pas les modalités avec les syndicats. C'est contraire à la loi et le tribunal annule les élections. Quand elles se tiennent finalement, Joanny Poncet n'est pas élu et il raconte comment « la direction a payé le champagne au personnel ». Il est ensuite l'objet de mises à pied à répétition. En août 2011, quand il remplace son directeur, il voit arriver des huissiers qui disent constater « des manquements dans les rayons » ce qui permet à la direction de lui reprocher « une absence totale de tenue du magasin ». En fait elle monte un dossier contre un militant qui a su, avec l'appui de ses collègues, obtenir le respect des jours fériés, un treizième mois et a organisé la protestation pour obtenir de meilleures conditions de travail.

Pour Franprix c'en est trop, et la direction demande un licenciement pour faute grave. Elle vient d'obtenir satisfaction mais la CGT a déposé des recours et entend bien faire réintégrer Joanny Poncet. Un rassemblement de soutien devant le magasin Franprix a regroupé une cinquantaine de personnes le 27 août. Rémi Picaud, de la CGT du commerce de Paris, en a profité pour rappeler que « ce qui arrive à Joanny devient le lot de nombreux salariés dans les enseignes du commerce », citant des cas identiques de discrimination syndicale chez Monoprix ou dans l'enseigne Les Petites. Il a rappelé qu'en toute illégalité le Franprix du boulevard Magenta viole l'obligation légale de fermeture un jour par semaine.

Le groupe Sarjel espère peut-être, en se débarrassant d'un militant, pouvoir continuer à piétiner la loi et les droits des salariés. Mais Joanny Poncet entend bien être réintégré dans son emploi et continuer à défendre ses droits et ceux de ses collègues.

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