Noyades : L'inconscience n'explique pas tout01/08/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/08/une2348.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Noyades : L'inconscience n'explique pas tout

Dimanche 28 juillet, en une seule journée, sept vacanciers se sont noyés sur les plages de l'Hérault. L'inconscience des touristes est pointée du doigt, car souvent le drapeau orange, voire rouge, avait été hissé, et il a été difficile pour les surveillants dans une situation un peu exceptionnelle de faire respecter les interdictions.

Peu de baigneurs imaginent le danger que peut leur faire courir la Méditerranée, considérée comme plus calme que l'Atlantique mais où parfois, comme dimanche, de forts vents provoquent des courants violents qui piègent même les bons nageurs.

Mais à l'inconscience des baigneurs s'ajoute un manque de moyens. Certaines noyades se sont produites avant l'ouverture des postes de secours, qui, même en période de pointe, n'a lieu que vers 11 heures. C'est que depuis des années l'État se désengage de la surveillance des plages. Le nombre de CRS maîtres-nageurs sauveteurs qui y sont affectés est passé en dix ans de 722 à 471. Et un rapport de la Cour des comptes vient de réaffirmer la nécessité de continuer ces réductions d'effectifs ! Comme les maires sont pénalement responsables de la sécurité des baigneurs, c'est à eux de trouver des solutions pour remplacer les CRS manquants. Assistés par la société de sauvetage en mer, ils recrutent donc des contractuels ou des pompiers volontaires.

Mais quand la mer devient forte et dangereuse, que peut faire un poste de secours doté de quelques maîtres-nageurs quand il faut à la fois scruter des centaines de mètres de rivage bondés, faire l'information, expliquer les dangers, délimiter au besoin des zones de baignade sûres, faire respecter les interdictions, et porter secours à ceux qui sont en difficulté ?

L'irresponsabilité con-siste aussi à entasser au pic de l'été sept millions de vacanciers sur les départements du littoral sans que soient mis en place les moyens d'assurer au mieux leur sécurité.

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