Bosch - Beauvais - Victimes de l'amiante : Le préjudice doit être reconnu01/08/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/08/une2348.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Bosch - Beauvais - Victimes de l'amiante : Le préjudice doit être reconnu

520 anciens salariés de Bosch-Beauvais et d'Honeywell-Allonne ont entamé une procédure judiciaire contre leurs employeurs pour « préjudice d'anxiété » concernant l'amiante.

Ces deux entreprises n'en faisaient qu'une jusqu'à la fin des années 1990. Elles ont compté jusqu'à 2 500 salariés qui ont monté des plaquettes de frein à l'amiante entre 1966 et 1985. À partir de 1990, l'usine a été vidée de ses effectifs par l'intermédiaire de « plans amiante » permettant aux salariés de gagner un an pour trois années d'exposition à l'amiante, et à l'employeur de supprimer des centaines d'emplois à moindres frais. Le site Bosch-Beauvais a été définitivement fermé en 2010. Celui d'Honeywell à Allonne est toujours en activité. Après que 44 ex-salariés de BASF de Breuil-le-Sec dans l'Oise eurent obtenu 7 500 euros de dommages et intérêts et que 29 salariés de Valéo-Limoges en aient gagné 10 000 au titre du « préjudice d'anxiété » lié à l'amiante, 520 anciens de Bosch et d'Honeywell déposaient plainte pour le même motif.

L'affaire sera traitée pour le personnel ouvrier en quatre vagues entre novembre 2013 et mars 2014. Pour sa part, le cas des six plaignants membres de l'encadrement a été examiné en première instance le 11 juillet par le conseil des prud'hommes de Beauvais

Comme on pouvait s'y attendre, l'avocate des patrons a rejeté toute faute de ses clients. Cela n'est pourtant pas évident aux yeux même de la direction d'Honeywell : celle-ci a récemment proposé à des salariés partant en retraite le versement d'une prime de 6 500 euros contre leur engagement à ne pas engager de procédure amiante contre elle.

Le cancer lié à l'amiante peut se déclencher des années après l'exposition à cette fibre. Des collègues sont morts. À la moindre bronchite, on s'inquiète : c'est une véritable épée de Damoclès qui plane sur la tête des anciens. L'angoisse, l'anxiété sont bel et bien là.

Eh bien, pour apprécier les faits, le tribunal des prud'hommes a tenu à interroger les plaignants sur leur état de santé actuel. Comme si le fait d'être en bonne santé aujourd'hui peut préjuger de leur état de santé futur !

Le jugement sera prononcé le 19 décembre 2013.

Le préjudice d'anxiété des anciens de Bosch et Honeywell doit être reconnu !

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