PSA Peugeot Mulhouse : Des créations d'emplois en trompe-l'oeil18/07/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/07/une2346.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

PSA Peugeot Mulhouse : Des créations d'emplois en trompe-l'oeil

Fin juin, les médias se sont fait l'écho de la soi-disant création de 300 emplois à l'usine PSA de Mulhouse, liée à l'augmentation de la production du modèle Peugeot 2008 prévue en septembre.

En réalité, il ne s'agit que d'une opération de communication orchestrée par la direction. Sur ces 300 emplois « créés », une bonne part sont des mutations d'ouvriers qui viennent de l'autre ligne de montage de l'usine, où la production de la Citroën C4 est en baisse. Pour le reste, il s'agit comme d'habitude d'emplois précaires avec des dizaines d'intérimaires qui arrivent en ce moment, sans autre espoir que de travailler quelques mois à la chaîne. Ainsi en 2012, à l'usine de Mulhouse, un millier d'intérimaires avaient été renvoyés : bien plus donc que ce que la direction annonce comme recrutements aujourd'hui.

Au-delà de cette esbroufe sur de prétendues embauches, il y a par contre une offensive bien réelle de la part de PSA en matière de flexibilité. Profitant du lancement de la 2008, elle impose depuis trois mois des heures supplémentaires en fin d'équipe d'après-midi, et des samedis travaillés en équipe du matin qui devraient continuer jusqu'à la fin de l'année.

Cette augmentation du temps de travail dans un secteur de l'usine s'accompagne d'un chantage à l'emploi : pour répondre aux « demandes du commerce qui attend des modèles 2008 », comme le dit la direction, il n'y aurait pas d'autre choix que d'accepter ces sacrifices B des semaines de 47 heures à l'usine et des cadences toujours plus difficiles à tenir.

Mais ce chantage a du plomb dans l'aile, alors que PSA supprime des emplois partout B en fermant l'usine d'Aulnay et en licenciant à Rennes notamment, et en baissant les effectifs à Mulhouse aussi. Car ce n'est pas le succès des ventes d'une voiture qui peut nous protéger, à Mulhouse comme dans les autres usines de PSA, des attaques du patron en matière de compétitivité B c'est-à-dire de sa volonté de nous faire travailler plus, gagner moins, en étant toujours moins nombreux.

Pour protéger nos emplois, nos salaires, et pour imposer que le travail soit réparti entre toutes les usines et tous les bras disponibles, seul pourra compter le rapport de force à travers la mobilisation des travailleurs.

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