Arc International Saint-Omer : Du chômage partiel, au cas où...18/07/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/07/une2346.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Arc International Saint-Omer : Du chômage partiel, au cas où...

Lors de la réunion du comité d'établissement de mi-juillet, la direction devrait annoncer une semaine de chômage par mois dans les services hors production pour fin 2013. Cela fait suite à une campagne de presse sur la situation prétendument préoccupante de l'entreprise et le « manque de visibilité » quant à l'avenir du marché. Autrement dit, il s'agit pour la famille Durand, seule actionnaire de l'entreprise, d'anticiper sur d'éventuelles difficultés à venir et, en passant, de réaliser quelques économies à bon compte.

Le fait que la production ne soit pas concernée signifie que les craintes pour l'avenir ne sont pas si manifestes que cela. Il y a du travail par-dessus la tête, à tel point que les intérimaires étaient plus de 100 en mai et plus de 300 en juin.

Cela fait des années que la direction du groupe a décidé de « rationaliser », en clair de s'en prendre aux conditions de travail et d'emploi des travailleurs. Cela s'est traduit par des plans de réorganisations au prétexte de concentrer l'activité sur la seule production de vaisselle. La famille Durand a donc vendu des secteurs entiers comme la chaudronnerie, l'imprimerie, l'entretien des espaces verts, le magasin d'usine. Il y a eu également des plans de suppressions de postes (le dernier s'est terminé en 2012). Au final l'effectif ouvrier chez AI est passé de 5 900 en 2009 à 3 500 en 2012.

La direction a déjà utilisé le chômage partiel début 2013, en grande partie indemnisé par l'État. Car la famille Durand a beau être classée parmi les 200 plus grandes fortunes par le magazine Challenges, elle touche régulièrement des subventions publiques en tout genre : plan de revitalisation du bassin d'emploi, aide au développement durable, aide à la formation, mise à disposition de terrains, exonérations fiscales...

Le chômage partiel annoncé pour le dernier trimestre fait donc craindre de nouvelles menaces pour l'emploi. Mais il y a également le souvenir de la dernière période de chômage partiel, au début 2013, dans les services hors production, qui s'était traduit par une grande désorganisation du travail et, le comble, par des heures supplémentaires au lendemain des périodes de chômage !

Les profits, quant à eux, semblent confortables même s'ils sont « top secret » et la fortune professionnelle des Durand est, comme en 2012, estimée à 250 millions d'euros. Alors, que la direction montre sa comptabilité, la vraie ! Sûr que les travailleurs trouveront comment faire face aux aléas du marché pour maintenir les emplois et les salaires : en prenant sur les fortunes personnelles de la famille Durand. Pour cela il faudra se défendre collectivement.

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