Non à la casse des usines par le patronat !14/02/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/02/une2324.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Editorial

Non à la casse des usines par le patronat !

En 2012 en France, 266 usines de plus de 10 salariés ont fermé, une par jour ouvré. Et cela continue avec PSA Aulnay, Goodyear, les hauts-fourneaux d'Arcelor, Petroplus, Virgin, Sanofi, Candia... La direction de Renault se targue de ne pas fermer d'usine, mais elle veut supprimer plus de 8 000 emplois, l'équivalent d'une ou deux usines.

Loin de ralentir, le rythme des fermetures s'accélère. C'est dire l'utilité du ministre du « Redressement productif » ! C'est dire l'hypocrisie de ce gouvernement qui prétend avoir comme priorité la bataille pour l'emploi !

Les seuls à se battre pour l'emploi, ce sont les travailleurs : ceux de PSA Aulnay, qui refusent de voir fermer la dernière grande usine de Seine-Saint-Denis, département sinistré par le chômage et par la pauvreté. Ceux de Goodyear, qui n'acceptent pas que leur région devienne un désert industriel. Ceux de Renault, et bien d'autres encore. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le gouvernement n'est pas de leur côté.

Montebourg a expliqué que la fermeture de l'usine PSA Aulnay était inéluctable. « Nous n'avons pas trouvé d'autre solution », a-t-il déclaré. C'est très exactement ce que dit le patron de PSA ! Comme si l'on ne pouvait pas demander des comptes à la famille Peugeot ! Comme si ce n'était pas à elle d'assumer ses responsabilités et de payer pour les dégâts qu'elle fait.

Dans cette période de crise, il faut protéger les emplois et les salaires. Il faut interdire les licenciements. Il en va de la survie des travailleurs et de la société, car les fermetures d'usines mènent à la faillite bien des petites entreprises et ruinent toute l'économie.

Au lieu de cela, Montebourg fait un travail de sape contre les travailleurs en lutte et Valls, le ministre de l'Intérieur, prépare ses troupes à les réprimer, comme il l'a fait lors de la manifestation des travailleurs d'ArcelorMittal à Strasbourg, où un manifestant a perdu un œil sous un tir tendu de Flash-Ball.

Valls a laissé entendre que les travailleurs en lutte sont de dangereux casseurs. Mais qui a décidé de raser l'usine d'Aulnay ? Qui a décidé de laisser pourrir sur pied les hauts-fourneaux de Florange ? Partout dans le pays, des usines entières sont mises à la casse alors qu'elles pourraient fonctionner de longues années encore.

Les casseurs sont du côté patronal. Et quels casseurs ! Ces dirigeants de multinationales détruisent la vie de milliers de travailleurs. En une décision, ils remettent en cause le projet d'une vie, ils démolissent des familles entières. Et ils voudraient que les travailleurs se laissent faire ?

Le gouvernement ne se contente pas de prêcher la soumission aux travailleurs, il les attaque, de pair avec le patronat. La loi de flexibilité que le gouvernement prépare sera une nouvelle arme pour le patronat. Elle lui donnera la possibilité de licencier plus vite et moins cher. Elle l'autorisera à baisser les salaires, à imposer la mobilité, à rallonger le temps de travail. Les travailleurs auront le choix entre « travailler plus pour gagner moins » ou... être licencié ! C'est la généralisation et la légalisation du chantage patronal. Et, sous prétexte de sauver l'emploi, ce sont les profits qui seront augmentés.

Les grandes entreprises s'apprêtent à annoncer leurs résultats 2012. Total ou Renault auront du mal à cacher leurs profits, mais Arcelor et Peugeot ont trouvé un artifice comptable pour présenter des pertes records : la dépréciation d'actifs.

Avec cette manipulation, Arcelor se paye le culot d'afficher une perte nette de 3,7 milliards de dollars, alors que son activité lui a rapporté 2 milliards. Quant à PSA, la direction l'avoue : c'est un jeu comptable, il n'y a pas à s'affoler. Mais Arcelor comme PSA se serviront de l'annonce de ces pertes records pour se justifier. L'art de gouverner étant l'art de mentir, ils mentiront sans vergogne.

Eh bien, que l'on rende les comptes des entreprises publics et contrôlables par tous. Qu'on en finisse avec l'opacité et les manipulations financières ! Que les comptables et les employés puissent dire tout ce qu'ils savent des vrais comptes de l'entreprise. Personne n'est mieux placé qu'eux pour dire combien de profits sont réalisés et combien touchent les actionnaires. Ceux du CAC 40 ont reçu 41 milliards en 2012 ; eh bien, que l'on sache qui a touché quoi !

Et quand bien même les pertes seraient réelles, que l'on regarde où sont allés les bénéfices des années précédentes, de quels actionnaires, de quels propriétaires ils ont fait la fortune.

L'argent existe, il faut le prendre où il est pour préserver les emplois et les salaires comme les retraites.

Éditorial des bulletins d'entreprise du 11 février

Partager