Bernard Tapie : Retour du crocodile dans le marigot26/12/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/12/une2317.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Bernard Tapie : Retour du crocodile dans le marigot

Bernard Tapie vient de réaliser une bonne affaire en rachetant pour 51 millions d'euros les titres du groupe de presse GHM (Groupe Hersant Média) : La Provence, Nice-Matin, Var-Matin, Corse-Matin et quelques autres titres d'outre-mer.

Les dix-sept banques créancières se sont contentées de cette somme alors que le groupe leur devait 215 millions. Cette ristourne de 164 millions a « une odeur de carambouille », a déclaré Patrick Menucci, député PS, qui a demandé à l'Assemblée nationale d'ouvrir une enquête sur les conditions du rachat. Nous verrons bien ce que révélera cette enquête, si tant est qu'elle ait lieu. Mais force est déjà de constater qu'une fois de plus Bernard Tapie vient de faire main basse sur des entreprises pour une poignée de cerises. Et l'on peut être également sûr que, comme dans ses affaires précédentes, il n'aura que faire des salariés s'il s'agit d'augmenter sa fortune personnelle, ou de relancer sa carrière politique, comme candidat à la mairie de Marseille par exemple...

Avec cette vente, la famille Hersant a réalisé la dernière opération du démantèlement du groupe de presse, après la mise en liquidation judiciaire du magazine de petites annonces Paru Vendu, qui s'était soldée par 1 650 licenciements en 2011. Pour Bernard Tapie, le rachat n'est qu'une nouvelle bonne affaire, qui vient après la prise de participation dans diverses entreprises, comme le Club Med, ou bien encore l'achat d'un yacht de luxe réaménagé en palace et loué pour la modique somme de 800 000 euros la semaine. Eh oui, Bernard Tapie est à nouveau riche, avec une fortune estimée en 2011 à 260 millions d'euros.

« À quoi ça sert d'acheter un journal quand on peut acheter un journaliste ? », disait il y a peu Bernard Tapie. Il a visiblement trouvé cette fois-ci de bonnes raisons d'acheter un groupe de presse. Il s'est engagé à ne pas le démanteler. Mais les rédactions et le personnel de ce groupe, soit quelque 3 000 salariés, n'ont aucune raison de croire en la parole de cet affairiste.

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