Économies budgétaires : Économiser sur les cadeaux au patronat, la seule option non envisagée21/11/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/11/une2312.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Économies budgétaires : Économiser sur les cadeaux au patronat, la seule option non envisagée

Pour parvenir à distribuer un supplément de 20 milliards d'euros par an au patronat, le gouvernement recourt essentiellement à deux moyens : une augmentation de la TVA qui touchera particulièrement la population pauvre, et aussi une économie de 12 milliards par an sur les dépenses publiques, ce qui n'est pas moins lourd à supporter.

Pour le moment, le gouvernement n'a pas détaillé où il comptait procéder aux coupes dans les dépenses publiques. Selon le Journal du Dimanche, économiser 12 milliards d'euros équivaut par exemple à une baisse de 12 % des retraites de la Sécurité sociale, ou bien à la suppression des 16 000 écoles maternelles du pays, ou encore à l'abrogation des allocations familiales et de la plupart des allocations logement. C'est aussi l'équivalent d'une année d'achat de matériel militaire par l'État, mais on peut légitimement craindre que ce ne soit pas de ce côté-là que le gouvernement fera des économies, à l'heure où il prépare une nouvelle intervention au Mali.

En annonçant une nouvelle cure d'austérité budgétaire, le gouvernement de gauche marche sur les traces de Sarkozy, qui avait imposé le non-remplacement d'un salarié sur deux partant à la retraite dans les hôpitaux et autres services publics. Dans le secteur de la santé, Sarkozy avait créé les Agences régionales de santé (celle d'Île-de-France était déjà présidée par un socialiste) chargées de multiplier les réorganisations de services et d'hôpitaux pour donner un semblant de justification aux suppressions d'emplois. De même, la carte judiciaire avait été revue dans le sens de la suppression de tribunaux -- y compris des Prud'hommes -- dans de nombreuses villes, comme si avoir affaire à la Justice n'était pas déjà assez compliqué, voire inaccessible en dehors des milieux privilégiés.

Selon une évaluation du ministère des Finances, la politique d'économies budgétaires décidée sous Sarkozy aura produit 11,9 milliards d'euros en quatre ans, entre 2009 et la fin 2012. Eh bien, le gouvernement socialiste annonce le même montant (12 milliards d'euros), non plus en quatre ans, mais chaque année !

Les sacrifices demandés par le gouvernement de gauche ne sont pas plus justifiés que ceux exigés par son prédécesseur. Car si la crise nécessite de faire des économies, il n'y avait que l'embarras du choix pour piocher dans le foisonnement de réductions fiscales accordées au patronat qui, selon la Cour des comptes, se montent à 172 milliards d'euros par an.

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