Le traité européen : Un leurre pour la classe ouvrière26/09/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/09/une2304.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Le traité européen : Un leurre pour la classe ouvrière

Devant la succession de plans de licenciements, on aurait pu s'attendre, au moins de la part de la CGT, et des partis qui disent être à la gauche du PS, à ce que les premières mobilisations de la rentrée soient contre le chômage.

Eh bien, non ! Face à l'hémorragie de l'emploi et à l'augmentation du chômage, les organisations syndicales ont choisi de s'en prendre non pas aux patrons ou au gouvernement... mais au énième traité européen. Ainsi un traité qui ne sera en application que le 1er janvier 2013 serait responsable de tout.

Les manifestations organisées dans tout le pays le 30 septembre contre ce même traité ne se font donc pas sur le terrain des intérêts des travailleurs. La CGT fait signer une pétition demandant aux parlementaires de ne pas voter le traité européen et le Front de gauche en appelle à un référendum sur ce même traité. Et du coup, dans cette initiative, ils se retrouvent à devoir patauger dans la même fange que le Front national qui, au nom de la « souveraineté nationale » et de son rejet de l'euro, réclame lui aussi un référendum.

Évidemment, il n'y a rien de bon dans ce traité d'union budgétaire européenne qui, comme tous les autres, a été concocté par la Commission européenne et par tous les gouvernements de droite et de gauche des pays qui composent l'Union européenne et qui tous défendent une Europe au service du capital.

Mais essayer d'entraîner les travailleurs sur cette voie est une impasse. Elle l'est par ce qu'elle comporte de tentation nationaliste. Si les capitalistes licencient en France, ce serait la faute de Merkel, nous disent certains, et pourquoi pas la faute des travailleurs allemands qui pourtant subissent la crise et l'austérité comme ici.

Cette voie est aussi une impasse parce qu'elle laisse à penser que l'Union européenne serait indépendante des gouvernements, du patronat et des marchés financiers, alors que ce sont eux qui dictent leur loi à la Commission européenne.

Enfin, demander un référendum a quelque chose de puéril ; à croire que les partisans d'un « non de gauche » ont perdu la mémoire. En 2005, Chirac avait accordé un référendum sur le traité européen, dit « traité de Lisbonne ». Le « non » l'avait emporté. Qu'à cela ne tienne ! Les capitalistes et les gouvernements à leur service avaient trouvé une autre procédure pour l'appliquer quand même.

En fait ce nouveau traité européen n'est qu'une reprise de textes déjà existants et si la rigueur budgétaire y est, nous dit-on, plus contraignante, les gouvernements savent comment ne pas respecter les règles (comme la prétendue règle des 3 % de déficit). Il n'y a là qu'un chiffon de papier sur lequel les capitalistes et leurs représentants au pouvoir s'essuieront les pieds quand cela les arrangera.

Traité européen ou pas, le gouvernement Hollande prépare un budget d'austérité pour la population. Nombre de grandes entreprises suppriment des postes de travail, quand elles ne ferment pas des usines. Voilà les véritables responsables de la situation faite au monde du travail et voilà pourquoi cette agitation contre le traité européen, qui ne les désigne pas nommément, est un leurre.

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