Italie : direction syndicale - direction patronale : l'entente cordiale11/07/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/07/une2293.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Italie : direction syndicale - direction patronale : l'entente cordiale

Avant d'annoncer la « spending review », le gouvernement Monti avait fait passer fin juin la nouvelle législation du travail, qui entérine pratiquement le droit de licencier sans contraintes légales. Le tout avec la complicité plus ou moins ouverte des directions syndicales.

La CGIL, l'équivalent de la CGT en Italie, semble retrouver des accents combatifs contre la « spending review », qui ne « cible pas assez les vrais gaspillages et les vrais problèmes, mais tranche dans le vif pour économiser ». Elle parle même d'organiser une grève générale à la rentrée pour revendiquer des mesures « pour l'emploi ».

Des déclarations d'intention que les travailleurs doivent avoir d'autant plus de mal à prendre au sérieux qu'elles sont faites aux côtés du président de la Confindustria, l'équivalent du Medef français. Giorgio Squinzi était en effet invité à une fête de la CGIL, où il s'est fait applaudir en se déclarant contre la « boucherie sociale » organisée par le gouvernement Monti et même prêt à accepter que les riches participent à l'effort d'austérité en payant plus d'impôts... à condition bien sûr qu'on ne touche pas au patrimoine des entreprises.

Dans une interview commune accordée au journal La Repubblica, Susanna Camusso, qui dirige la CGIL, et Squinzi, parlent d'une même voix de l'intérêt commun des patrons et des travailleurs pour « sauver les emplois ». Et le journaliste de s'extasier sur le fait que les intérêts des uns et des autres « ne paraissent plus aussi éloignés qu'avant, et ne sont même plus divergents ».

Le patronat a toujours voulu faire croire aux travailleurs que c'était dans leur intérêt qu'il agissait. Le chantage exercé sur les salaires se fait toujours au nom de l'emploi et lorsque les patrons réclament le droit de licencier sans contraintes aujourd'hui, c'est disent-ils pour mieux embaucher demain. Le fait qu'une Camusso soit aujourd'hui prête à les cautionner montre à quel degré de compromission sont arrivées les directions syndicales !

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