Italie : Manifestation de la Fiom à Rome - la nécessité d'une riposte ouvrière14/03/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/03/une2276.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Italie : Manifestation de la Fiom à Rome - la nécessité d'une riposte ouvrière

Selon la Fiom, la fédération de la métallurgie de la CGIL, le plus grand syndicat italien, ce sont 50 000 personnes qui ont répondu vendredi 9 mars à son appel à manifester à Rome, dans le cadre d'une journée de grève générale de la catégorie.

C'est une grande manifestation ouvrière qui a rempli la place Saint-Jean-de-Latran pour défendre les droits attaqués par le patronat, et en particulier les contrats collectifs et l'article 18 du statut des travailleurs, qui institue une protection contre les licenciements.

Ce qui était notable en revanche était l'absence non seulement des autres confédérations syndicales, mais celle de la CGIL elle-même, au moment où le gouvernement de Mario Monti, qui a succédé à celui de Berlusconi, est à l'offensive. Après avoir commencé son règne en lançant de nouveaux plans d'austérité, Monti a déclaré passer à la seconde étape censée préparer la croissance de l'économie. Mais comme toujours, à l'unisson du patronat, Monti déclare que ce qui ferait obstacle à la croissance serait le « coût du travail » et notamment la trop grande rigidité du marché de la main-d'oeuvre.

Déclarer cela, dans un pays où les différentes formes de contrats précaires se sont multipliées ces dernières années et où une étude récente de l'institut Eurostat a démontré que les salaires sont parmi les plus bas d'Europe, il faut le faire. Pourtant Monti s'est engagé dans une négociation avec les trois centrales syndicales, CGIL, UIL et CISL, pour aboutir, en clair, à cette baisse des salaires.

L'article 18 est aussi en ligne de mire, car il protège du licenciement abusif les travailleurs en CDI des entreprises de plus de 15 salariés. Même si il n'empêche pas vraiment les patrons de faire ce qu'ils veulent, c'est pour eux un symbole à abattre. Et malheureusement, au lieu d'affirmer clairement qu'il n'est pas question de toucher à ce qu'il reste de droits ouvriers, les grandes confédérations syndicales se prêtent à cette négociation, CGIL comprise, car toutes affirment partager avec le gouvernement et le patronat l'objectif de redonner à l'économie italienne de la compétitivité... même si c'est aux dépens des travailleurs.

La Fiom est aujourd'hui la seule à tenter d'organiser une riposte, en particulier parce qu'elle est directement attaquée dans les usines Fiat, où le PDG Marchionne lui dénie l'exercice des droits syndicaux parce qu'elle n'a pas signé les accords d'entreprise qui y instituent un véritable régime d'exception. Mais c'est bien une vaste riposte, venant de l'ensemble de la classe ouvrière, qui s'imposerait aujourd'hui contre les attaques concertées d'un patronat et d'un gouvernement qui, sous prétexte de crise, veulent réduire à néant des années de conquêtes ouvrières.

Partager