Hollande et les millionnaires : Pour la justice sociale, encore un effort02/03/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/03/une2274.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Hollande et les millionnaires : Pour la justice sociale, encore un effort

Lundi 28 février, François Hollande a proposé d'imposer à 75 % les revenus supérieurs à un million d'euros par an. Le sang de tout ce qui se trouve à droite du candidat PS n'a fait qu'un tour, c'était d'ailleurs l'effet recherché. De Bayrou à Le Pen en passant par Juppé et Longuet, ce fut le cri du coeur : « Touche pas au grisbi ».

La potion de Hollande n'est pourtant pas bien sévère. D'abord il s'agit d'imposer seulement ce qui est au-dessus de un million, sans rien changer pour les tranches précédentes. Cela ne concerne donc que quelques milliers de personnes, comme par exemple, les membres du directoire de PSA qui touchent 1,2 million d'euros par an minimum. Ils seraient donc taxés à 75 % au lieu de 40 ou 45 % sur les derniers 200 000 euros. Et encore faut-il qu'ils soient célibataires : car si le mari d'une administratrice se consacre exclusivement et bénévolement à l'amélioration de la race chevaline ou à ses collections de timbres, sa présence décorative divise quand même par deux le revenu imposable de son épouse. Le salaire du palefrenier et ceux du reste du personnel de maison seraient de plus déduits en partie du revenu imposable du ménage, l'éloignant ainsi du seuil fatal de un million. Car, chez ces gens-là, on connaît toutes les ficelles nécessaires pour faire baisser les impôts, quel qu'en soit le taux et on a les moyens de payer des gens dont le métier, l'optimisation fiscale, est de connaître les ficelles en question.

Quant aux grandes familles de capitalistes, les Mulliez, Dassault, Lagardère, Bettencourt et autres Peugeot, elles ont bien d'autres moyens d'accumuler des fortunes et ne sont touchées que très marginalement par l'impôt sur le revenu. L'impôt à 75 % de Hollande n'effleurerait donc qu'une toute petite partie des revenus d'une toute petite partie des possédants.

La mesurette de Hollande n'est donc pas le fin du fin de la « justice sociale ». Mais, quand bien même il proposerait de taxer sérieusement les riches, le compte n'y serait encore pas. Car les travailleurs vivent de leur salaire et c'est donc leur salaire qui doit augmenter ! L'augmentation générale des salaires serait d'ailleurs une mesure de justice fiscale puisque, accompagnée du contrôle des comptes des entreprises, elle taxerait les profits capitalistes à la source, avant même qu'ils ne se constituent et la redistribution à la population se ferait ainsi d'elle-même. Mais, là-dessus l'unanimité va de Hollande qui ne « peut pas promettre une augmentation des salaires » à Sarkozy et Le Pen pour qui la question n'existe même pas.

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