Eurocopter - Marignane (Bouches-du-Rhône) : Un terrible accident02/03/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/03/une2274.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Eurocopter - Marignane (Bouches-du-Rhône) : Un terrible accident

Dans la nuit du 21 au 22 février, un ouvrier intérimaire de 62 ans a été victime d'un accident très grave au hangar M. L'accident a eu lieu vers 3 heures du matin, la pire heure du fait de la fatigue accumulée. Il contrôlait un appareil Super-Puma quand il est tombé au sol de plusieurs mètres. Atteint de nombreuses fractures, dont plusieurs au crâne, à ce jour il est dans le coma.

Ses collègues sont écoeurés de voir aujourd'hui la direction manifester le plus grand zèle concernant la sécurité alors que les contrôleurs sont sollicités en permanence pour valider une opération et permettre à un appareil de sortir plus vite de la chaîne. Les appareils en fabrication sont entourés d'échafaudages mobiles, sur roulettes, appelés « praticables ». Et les praticables du hangar M sont vétustes, dangereux, mal entretenus, et parfois en nombre insuffisant. Les freins de l'un lâchent facilement, et le praticable s'écarte alors de l'appareil, risquant de précipiter l'ouvrier dans le vide. La rambarde de l'autre est mal soudée. Un ouvrier a failli tomber la même semaine à cause d'une rambarde défectueuse.

Dès le lendemain de l'accident ce fut la grande opération de nettoyage dans le hangar M. Jamais le hangar n'avait été aussi propre et rangé. Cette frénésie de rangement précédait en fait la visite de l'inspection du travail qui, arrivée plus de 48 heures après les faits, le vendredi 24 février au matin, n'a pu que constater que le M était un endroit propre et bien organisé.

Mais en fait, pour accélérer la production, la hiérarchie fait faire n'importe quoi, n'importe comment, dans n'importe quelles conditions. Depuis des années, les cadences augmentent. La production est passée de 25 appareils de ce type par an environ, il y a dix ans, à 43 en 2011. Il en est prévu 56 en 2012. Alors, pour l'obtenir, la direction impose les 3x8 et des heures supplémentaires. À quoi s'ajoutent les pressions constantes des chefs petits et grands.

La course à la rentabilité et les économies sur la sécurité peuvent avoir sur les travailleurs des conséquences dramatiques et il leur faut y résister. On vient au travail pour gagner sa vie, pas pour risquer de la perdre.

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