Air Méditerranée : Le chantage d'un patron low cost02/03/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/03/une2274.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Air Méditerranée : Le chantage d'un patron low cost

Air Méditerranée, compagnie spécialisée dans les vols charters affrétés, va licencier 85 salariés et a proposé à une trentaine de ses pilotes et hôtesses basés en France d'être embauchés par Hermès Airlines, sa filiale en Grèce créée récemment. Pour cela ces salariés devraient opter pour un statut grec et un salaire en conséquence, inférieur d'au moins 30 % à ceux en vigueur en France.

Une hôtesse gagnant 1 200 euros net par mois se voit ainsi proposer un salaire mensuel de 900 euros à Athènes et un commandant de bord un salaire de 3 700 euros, contre 5 000 ou 6 000 euros actuellement. Il n'y a que le statut et les salaires qui changeraient, pas leur travail : ces salariés continueraient en effet d'assurer les mêmes vols au départ de la France.

Il paraît que ce tour de passe-passe est légal. Légal ou pas, ce n'en est pas moins un chantage inadmissible. Le PDG et principal actionnaire de la compagnie invoque la concurrence des compagnies low cost d'Europe de l'Est et le coût du travail, trop élevé en France selon lui. Il invoque aussi les pertes qu'il aurait subies en 2010 et 2011 et menace d'un dépôt de bilan. Mais combien de bénéfices a-t-il réalisés, et quelle fortune a-t-il accumulée depuis 1997, date de création de la société ? Qu'il ouvre ses livres de comptes ! Car ce qui est en cause, ce n'est pas le coût du travail, mais bien celui du capital. Ce qui coûte cher, beaucoup trop cher, c'est la course aux profits prélevés sur le travail.

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