Grande distribution : Une publicité gouvernementale gratuite13/01/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/01/une2267.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Grande distribution : Une publicité gouvernementale gratuite

Cette année, les Restaurants du Coeur doivent fournir encore plus de repas que les années précédentes. Le mois dernier, ils ont donc lancé un nouvel appel à la générosité. Frédéric Lefebvre, secrétaire d'État à la Consommation, relayant cet appel, en a profité pour faire une campagne de publicité à bon compte en faveur de la grande distribution. Auchan, Leclerc, Carrefour, Casino, etc., ont annoncé qu'ils allaient fournir gratuitement des millions de repas supplémentaires, et Lefebvre les a chaleureusement remerciés.

En réalité, c'est là une pratique habituelle des grandes surfaces, qui ne leur coûte pas grand-chose. Carrefour fait par exemple don de 250 000 euros par an aux Restaurants du Coeur, tandis que le bénéfice net du groupe, en 2010, atteignait... 382 millions d'euros.

Afin d'accroître leurs profits, les grandes surfaces imposent des prix de vente très bas aux producteurs auprès desquels elles se fournissent. Nombre d'entre eux sont ainsi parfois contraints de travailler sans faire de bénéfices, et même parfois à perte. Et pourtant, d'après les associations de consommateurs, le prix d'un aliment est multiplié par cinq en moyenne entre son achat à un producteur et sa mise en rayons. Ce qui fait que les clients payent aux grandes surfaces des marges scandaleuses.

Cette grande distribution, qui fait la charité comme les dames patronnesses de jadis, traite ses propres salariés avec le plus grand mépris. Les salaires sont très bas. Dans un magasin Auchan en grève le mois dernier, des salariés ayant vingt ans d'ancienneté atteignaient à peine 1 200 euros net par mois. Les primes et autres avantages sont de plus en plus rares. En revanche, les temps partiels imposés sont légion. Les conditions de travail sont épouvantables, aux caisses comme en rayons, avec des horaires saucissonnés en plusieurs périodes séparées dans la journée pour les caissières.

Les profits des capitalistes de la distribution sont, en fin de compte, toujours réalisés sur le dos de travailleurs, qu'il s'agisse des petits producteurs, des salariés des fournisseurs, des transporteurs, des caissières et autres employés des magasins, etc. Mais ceux-ci heureusement se laissent de moins en moins faire, des syndicats se créent, des grèves éclatent. Et Frédéric Lefebvre aura beau faire l'éloge des capitalistes de la grande distribution, il n'arrivera certainement pas à les faire passer pour des Robin des bois !

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