Belgique, Durobor : Un front uni... contre les travailleurs13/01/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/01/une2267.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Belgique, Durobor : Un front uni... contre les travailleurs

Les 380 travailleurs de Durobor, gobeleterie de Wallonie mise en faillite en novembre 2011, seraient repris par la Société Décover, un fonds spéculatif qui supprimerait près de la moitié des emplois et imposerait une baisse des salaires de 20 %.

À cette annonce, les ouvriers s'étaient mis en grève. Ils se sont retrouvés face à un véritable front, des actionnaires de Décover, des tribunaux, des ministres wallons... et aussi des dirigeants syndicaux. Le gouvernement wallon, actionnaire de fait depuis plus de vingt ans, a menacé de déposer le bilan pour mettre les ouvriers le dos au mur. Lors de l'assemblée du 21 décembre, les permanents syndicaux l'ont relayé : « Il n'y avait plus d'argent », « les bâtiments, les terrains, le stock, tout est hypothéqué », refuser le plan de Décover, c'était « se retrouver au chômage ».

Ce plan prévoyait aussi des pré-pensions à partir de 52 ans, de faibles indemnités pour les autres licenciés, et une baisse de 19 % du salaire brut, pour ceux qu'ils appellent les « gros salaires » « au-dessus de 13,60 euros de l'heure », c'est-à-dire, après des dizaines d'années d'ancienneté, autour de 1 600 euros net pour 170 heures par mois ! « Ces pertes n'impliqueraient qu'une baisse du salaire net de 10 %, et puis, elles pourraient être compensées par des primes liées à la performance de l'entreprise », insistaient les syndicats ! Finalement, après plusieurs heures de dramatisation et de menaces de tout perdre, un vote à bulletin secret donnait 83 % pour ce plan même pas écrit.

Depuis le 4 janvier, le travail a repris. Certains travailleurs sont rappelés à l'usine, d'autres non. Rien ne garantit que les pré-pensions seront accordées par la ministre fédérale, d'autant que les organisations patronales font pression contre.

Décover veut aussi mettre la main sur l'immense espace au milieu de la ville de Soignies pour seulement un million d'euros en vue d'une opération immobilière. Mais comme des sondages ont révélé une pollution des terrains, Décover entend obtenir du gouvernement wallon qu'il dépollue lui-même ce que les patrons précédents ont laissé. Et le ministre wallon de l'environnement, l'écologiste Henry, s'est empressé d'accepter.

En attendant, le gouvernement wallon paye le fonctionnement de l'usine. Le chantage à la faillite a cessé dès que Décover a obtenu ce qu'il voulait. Les tribunaux n'y trouvent rien à redire, trop occupés qu'ils sont à mettre au point une dérogation à l'article des conventions collectives qui prévoit qu'en cas de reprise, les travailleurs doivent conserver leur salaire et leur ancienneté.

Durobor n'est pas la seule entreprise dans la tourmente de la crise et n'est qu'un exemple de l'arrogance sans limite du patronat et de la complaisance des autorités face à laquelle une réaction des travailleurs s'impose.

Partager