PS-UMP : Fausse polémique, mais vraie diversion07/12/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/12/une2262.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Editorial

PS-UMP : Fausse polémique, mais vraie diversion

Il y a quelques jours encore, les politiciens français, de droite et de gauche, montraient du doigt la Grèce et les Grecs, les accusant d'être responsables de la crise qui touche l'Europe. Aujourd'hui, des dirigeants socialistes ont choisi pour cible l'Allemagne. Ce qui a donné l'occasion à ceux de la majorité sarkoziste de les accuser de « germanophobie », répétant que les socialistes n'hésitaient pas à exploiter les préjugés antiallemands à des fins bassement électoralistes.

C'est l'hôpital qui se moque de la charité. Car cette même droite n'hésite pas à utiliser le poison du racisme, de la xénophobie la plus grossière. Et tout cela pour quoi ? Pour racoler quelques suffrages supplémentaires. On pourrait en rire, si un tel racolage n'avait pas des conséquences graves, qui pourraient même devenir tragiques dans d'autres circonstances. Jouer ainsi sur les pires préjugés, c'est odieux, voire criminel. Mais ceux qui se prêtent à ce jeu sont totalement irresponsables. Qu'importent les conséquences de leurs discours, si cela leur permet d'accéder à la mangeoire !

Mais leurs attitudes contribuent, du même coup, à développer un épais brouillard sur les véritables responsables de la crise que nous subissons. Cela leur permet de ne pas parler de ces grandes banques qui orientent la spéculation et en tirent de plantureux profits.

Cela permet de faire diversion, en ne parlant pas de ces mesures d'austérité qui, jour après jour, se mettent en place pour faire payer aux travailleurs et aux classes populaires les effets d'une crise dont ils ne sont en rien responsables.

Pour ne prendre que l'exemple de la France -- mais il en va de même dans tous les pays -- on en est au deuxième plan d'austérité, si on s'en tient à la numérotation officielle. Mais de nouvelles mesures s'y ajoutent, qui entraînent l'appauvrissement des classes populaires. Comme cette augmentation du prix du gaz, en guise d'étrennes, prévue au début de l'an prochain. On parle de 9 à 10 %, qui s'ajouteront aux 60 % d'augmentation que les consommateurs ont subis en France en cinq ans. Tout cela essentiellement au profit de GDF Suez qui, comme tous ces grands groupes, utilise les milliards d'euros de ses profits pour spéculer de plus belle. Il en va de même pour tout ce monde capitaliste qui spécule à tout va au lieu d'investir dans la production, c'est-à-dire dans ce qui serait utile à l'amélioration de la vie de toute la population.

S'il fallait une nouvelle preuve que ces politiciens qui aspirent à la gestion des affaires ne le font pas pour servir les besoins de la population laborieuse, mais qu'ils se proposent seulement pour servir les grands patrons, les financiers et autres féodaux de ce siècle, cette fausse polémique crasseuse en est une.

Voilà pourquoi il faut que nous, travailleurs, ne comptions pas sur eux pour que notre sort s'améliore.

L'urgence, ce n'est pas de savoir qui, de Sarkozy ou de Merkel, serait responsable de nos malheurs. Ils le sont tous les deux, rivaux peut-être mais surtout complices dans leur soutien commun à la finance. Cette finance qui peut avoir son siège social à Paris ou à Berlin, mais qui se moque éperdument de la nationalité des capitaux qu'elle place et déplace.

L'urgence, c'est de se préparer à une lutte d'ensemble pour imposer que l'hémorragie des licenciements s'arrête, en exigeant leur interdiction, la répartition du travail entre tous sans diminution des salaires.

L'urgence, c'est d'imposer l'indexation des salaires sur les prix, c'est-à-dire l'échelle mobile des salaires.

Et, pour que les choses soient claires, il faut exiger que le monde du travail puisse librement accéder aux comptes des grandes entreprises industrielles et bancaires, afin de connaître leur situation, leurs projets, leurs manigances.

Personne ne peut croire sérieusement que cela puisse se faire par une simple alternance électorale.

Il faudra donc se donner les moyens de refuser que les travailleurs soient les sacrifiés pour payer une dette qu'ils n'ont pas faite. Et, dans cette perspective, il faut préparer une lutte générale et déterminée qui fasse reculer le patronat et les gouvernements complices.

Il n'y a pas d'autre choix pour le monde du travail.

Éditorial des bulletins d'entreprise du 5 décembre

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