France Télécom -- Lyon : La direction joue avec la sécurité09/11/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/11/une2258.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

France Télécom -- Lyon : La direction joue avec la sécurité

À France Télécom Lyon, environ 80 % de la maintenance des lignes téléphoniques terminales, du central jusque chez l'abonné, sont sous-traités. Régulièrement, la direction introduit de nouveaux sous-traitants pour maintenir une concurrence et tirer les prix vers le bas.

Sur la zone de Lyon, un nouvel intervenant a été annoncé. Il s'agit en fait de l'entreprise Constructel, filiale d'un groupe portugais, qui s'était rendue célèbre entre 2004 et 2006, quand elle avait pris des marchés de plantation de plus de 7 500 poteaux.

Suite à plusieurs accidents, les CHSCT de France Télécom avaient découvert des pratiques destinées à raccourcir les temps d'intervention. Celles-ci consistaient à planter les poteaux moins profond ou même à les scier à la base, pour que le défaut de plantation passe inaperçu au premier coup d'oeil. Le risque de chute met en danger tous ceux qui les utilisent, même très longtemps après.

Les conditions de travail des ouvriers de Constructel étaient de la même eau : sécurité inexistante, jusqu'à 60 heures par semaine, contrats de travail à des tarifs pratiqués au Portugal, etc. À l'époque, il avait fallu de nombreuses interventions syndicales dans les CHSCT et au CCE, ainsi qu'une campagne de presse pour que, finalement, cette entreprise soit évincée du marché.

France Télécom devait penser que l'affaire était oubliée et qu'elle pouvait à nouveau recourir à cette société pour faire pression sur les prix des autres sous-traitants. Le coup a raté. Plusieurs salariés ont rendu public le retour de Constructel et averti les syndicats. France Télécom se défend en disant que cette fois Constructel prend du travail pour une autre activité, la maintenance des lignes. Ses ouvriers vont pouvoir monter sur les poteaux... que leurs prédécesseurs ont plantés !

Une autre affaire a été révélée par la CGT. Des poteaux neufs sont livrés avec un défaut dans le traitement contre la pourriture du bois. Certains ont cassé après moins de trois ans d'utilisation, alors qu'ils sont censés tenir quarante ans.

Le sujet n'est pas anodin. Le parc compte 15 millions de poteaux vieillissants, qui supportent de plus en plus d'équipements. La direction est prête à prendre tous les risques pour faire baisser les prix. Seule la vigilance des travailleurs peut l'en empêcher.

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