Impôt sur les hauts revenus : Indolore pour les grandes fortunes07/10/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/10/une2253.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Impôt sur les hauts revenus : Indolore pour les grandes fortunes

Les députés, puis les sénateurs, discutent gravement pour décider si la taxe exceptionnelle de 3 % sur les hauts revenus annoncée par le gouvernement s'appliquera à partir de 500 000 euros par an et par personne, comme annoncé initialement, ou bien dès 250 000 euros. Quel que soit le plancher décidé, un tel impôt reste anecdotique.

« L'idée initiale est de moraliser les revenus exorbitants », a déclaré la ministre du Budget, Valérie Pécresse, pour laquelle le seuil de 500 000 euros de revenus par personne, soit un million pour un couple, est « emblématique ». Mais cette mesure ne coûtera pas grand-chose à ceux qui y seront assujettis : au total 200 millions d'euros, ou 300 millions si le seuil était abaissé à 250 000 euros par personne. De toute façon, on est loin des quelque deux milliards d'euros de l'allégement d'impôt sur la fortune décidé il y a quelques mois et qui vont bénéficier aux très, très riches. Comme le soulignait cet été un rapport d'un organisme lié à la Cour des comptes, les contribuables les plus fortunés sont proportionnellement moins taxés que les autres.

Cet impôt nouveau, qui égratignera à peine les biens des grandes fortunes, n'est qu'un minuscule copeau comparé aux centaines de milliards d'euros que l'État accorde aux propriétaires et aux actionnaires des entreprises, sous forme d'exonération de charges sur les bas salaires, d'impôt-recherche, de baisses d'impôts liées au glissement de comptes entre les sociétés mères et leurs filiales, etc. À l'approche des élections, le gouvernement essaie de faire croire qu'il taxe un peu tout le monde, y compris les riches, alors qu'en réalité c'est la bourgeoisie qui taxe largement l'État.

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