Le capitalisme en faillite10/08/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/08/une2245.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Editorial

Le capitalisme en faillite

Les Bourses sont en chute partout dans le monde. La Bourse de Paris a battu son record de baisse depuis un quart de siècle. Les capitaux s'affolent et se déplacent à la vitesse de la spéculation, pour se porter sur les placements qui rapportent le plus. Un vent de panique souffle sur la finance. Les dirigeants politiques, plus paniqués encore, s'agitent, répètent les phrases rassurantes et montrent qu'ils ne maîtrisent rien. Les têtes pensantes des banques centrales et des organismes économiques internationaux ont fini par réaliser que le plus intelligent à faire est de se taire, car la moindre de leurs déclarations peut être interprétée comme une raison supplémentaire d'affolement. C'est un monde fou !

Il y a à peine trois ans, à l'automne de 2008, la spéculation avait déjà conduit à une crise bancaire grave. La méfiance des banques les unes vis-à-vis des autres avait entraîné un coup de frein brutal sur toutes les opérations bancaires, menaçant d'asphyxie l'économie mondiale. Au lieu de contraindre les grandes banques à assurer le financement de l'économie, les États leur avaient, au contraire, distribué des centaines de milliards, au prétexte de leur redonner confiance. Ces milliards, les États les avaient prélevés partout sur les services publics, sur les protections sociales, en punissant partout les classes populaires pour les crimes des groupes financiers. Le budget normal des États ne suffisant pas à financer les sommes astronomiques dépensées pour sauver les banques et, derrière elles, tous les capitalistes spéculateurs, les États s'étaient endettés jusqu'au cou, en empruntant tous... aux banques elles-mêmes !

À peine la crise bancaire est-elle surmontée que la spéculation a repris de plus belle, mais à une échelle encore plus grande, grâce à l'argent prélevé sur les classes populaires. Cette spéculation plus ample porte sur tout, des matières premières aux monnaies, en passant par le blé, le riz ou le maïs, dont les hausses de prix poussent les peuples des pays pauvres un peu plus vers la famine. Mais la spéculation se déchaîne surtout autour de la capacité des États à rembourser leurs dettes.

C'est un gigantesque PMU pour riches, où les banques tiennent les guichets et où les parieurs viennent de toute la classe capitaliste, des groupes financiers comme des riches bourgeois. Le prix du ticket se chiffre en dizaines ou centaines de millions et rapporte en conséquence. Le jeu consiste à retirer ses capitaux des États jugés non fiables pour les placer sur ceux qui le sont un peu plus.

Mais à quel État se fier, lorsqu'il devient évident qu'il ne suffit pas de crier « haro » sur la petite Grèce, mais que d'autres suivent, de l'Espagne à l'Italie, et peut-être demain la France ? Et que le plus puissant des États, les États-Unis eux-mêmes, semble ébranlé ?

Au-delà de l'avidité des plus riches, les « investisseurs », la classe capitaliste dans son ensemble, ne font plus confiance à leur propre économie. Mais les irresponsables qui possèdent ces capitaux qui se déplacent dans l'affolement poussent toute l'économie vers le précipice. Le seul remède proposé par tous les dirigeants politiques pour arrêter la panique sur la dette des États est d'aggraver les politiques d'austérité et de faire payer encore et toujours plus les classes populaires. Mais ces politiques d'austérité, en diminuant la consommation des classes populaires, aggravent encore la crise et annoncent inévitablement des licenciements, des fermetures d'usines, des baisses de salaire.

La classe capitaliste, conseillée par des armadas d'économistes bardés de diplômes, nous a conduits une nouvelle fois vers une crise dont elle est elle-même effrayée aujourd'hui. C'est un bilan de faillite. Mais il ne faut pas accepter que ce soit les travailleurs qui fassent les frais de cette faillite. S'il y a une crise, c'est aux banquiers, aux industriels de payer, pas aux travailleurs, pas aux catégories populaires.

Alors, il nous faudra bien nous défendre contre la folie de l'organisation capitaliste de l'économie et contre une classe dirigeante incompétente et irresponsable. Si on la laisse faire, elle continuera à protéger les capitaux en sacrifiant encore plus les classes populaires.

C'est à nous d'imposer la protection des deux choses qui comptent le plus pour les travailleurs : l'emploi et le salaire. Pour défendre l'emploi, il faut imposer la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Pour protéger le pouvoir d'achat des salaires et des retraites, il faut une indexation de ceux-ci sur l'augmentation du coût de la vie.

Par-dessus tout, il faut mettre fin à la dictature de la classe capitaliste sur les entreprises et sur l'économie, en en imposant le contrôle par les travailleurs et la population. Cela exige des luttes collectives puissantes, explosives, conscientes. Mais nous n'avons pas d'autre choix : il y va de notre avenir, il y va de notre vie !

Éditorial des bulletins d'entreprise du 8 août

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