Les 125 ans de Coca-Cola : Au-delà des bulles, une réalité amère11/05/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/05/une-2232.gif.445x577_q85_box-0%2C12%2C167%2C228_crop_detail.png

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Les 125 ans de Coca-Cola : Au-delà des bulles, une réalité amère

Coca-Cola vient de fêter à grands renforts de flonflons ses 125 ans d'existence. L'entreprise est depuis longtemps le parfait exemple de ces multinationales qui dominent la planète, guidées par la soif de profits.

Coca-Cola est aujourd'hui le premier producteur mondial de boissons non alcoolisées, représenté par environ 400 marques. Plus d'un milliard de canettes et de bouteilles sont consommées chaque jour dans le monde. En 2010, son bénéfice net a progressé de 18 %, atteignant 6,8 milliards de dollars. Mais ce succès repose sur des réalités dont Coca ne se vante pas.

Coca-Cola a notamment ouvert dans les années 2000 une cinquantaine d'unités de production en Inde qui, avec un milliard d'habitants, représente un marché immense. Pour faire fonctionner ces usines, il a obtenu l'autorisation de forer des puits, pompant quotidiennement plus de 500 000 litres d'eau (il faut en effet neuf litres d'eau pour produire un litre de coca). Or depuis 2003, la population se mobilise sur un site de l'État indien du Kerala, accusant Coca de puiser abusivement dans les nappes phréatiques : les villageois sont privés d'eau pour leur usage domestique et pour l'agriculture.

De plus, Coca rejette des eaux polluées. Dès son implantation, les habitants ont eu des problèmes de peau et des difficultés respiratoires. Le 24 février dernier, l'État du Kerala a entamé une procédure pour obtenir des compensations pour ces dégâts, que l'entreprise nie toujours.

Sur un autre continent, en Colombie, Coca-Cola est accusé par un syndicat d'avoir fait appel à des sociétés paramilitaires privées, non seulement pour assurer la protection de ses sites, dans un pays où la criminalité est importante, mais aussi pour y faire assassiner huit militants syndicaux, ou à tout le moins avoir fermé les yeux avec bienveillance sur ces assassinats. Et il y a deux cas comparables en Turquie.

Les conditions de travail des enfants au Salvador, dans les champs de canne à sucre dont Coca est un grand consommateur, lui ont été reprochées, ainsi que celles de ses employés indiens exposés à des produits chimiques toxiques. Par ailleurs, lors de la Coupe du monde de football de 1998, les ballons promotionnels distribués par la marque-sponsor étaient cousus par des enfants pakistanais.

En France aussi, Coca-Cola a plusieurs sites de production. En 2008, ceux de Marseille et de Grigny, dans l'Essonne, où les ouvriers travaillent en 3x8, ont fait grève pour des augmentations de salaires : ils ne parviennent à un revenu décent que grâce aux primes d'équipe et à la majoration de 40 % pour le travail de nuit.

L'un des slogans publicitaires de Coca-Cola dit « Pour que chaque goutte compte », mais les actionnaires peuvent ajouter en leur for intérieur... et rapporte du profit !

Les 125 ans célébrés à Atlanta ne servent pas à autre chose

Pierre MERLET

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