Toyota - Onnaing (Nord) : Grève pour l'augmentation des salaires06/04/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/04/une-2227.gif.445x577_q85_box-0%2C12%2C167%2C228_crop_detail.png

Dans les entreprises

Toyota - Onnaing (Nord) : Grève pour l'augmentation des salaires

Depuis le jeudi 31 mars, la grève perturbe fortement la production de l'usine Toyota d'Onnaing. Elle a démarré à la suite de celle de Toyota Boshoku à Somain, à 30 km de là, qui fabrique et livre en flux tendu les sièges de la Yaris assemblée à Onnaing.

La direction avait cédé au bout de deux jours 1,9 % d'augmentation générale, plus 800 euros de prime, la production commençant à être bloquée à Onnaing. Et c'est à cette occasion que les ouvriers d'Onnaing ont appris que ceux de Somain gagnaient de 200 à 300 euros de plus qu'eux par mois.

La tension était déjà forte dans l'usine à cause des mensonges de la direction concernant les risques de contamination radioactive de pièces venant du Japon, grâce auxquels elle a réussi à se mettre tous les syndicats à dos.

Les assemblées générales dans les deux équipes ont été massives et la grève a été votée à chaque fois par 450 à 500 ouvriers. La grève a démarré dans la foulée, à l'appel de tous les syndicats. Vendredi 1er avril un comité de grève a été élu, composé de sept ouvriers et sept ouvrières et d'un délégué pour chacun des six syndicats. Lundi 4 et mardi 5, la grève s'est renforcée. Entre 1 000 et 1 100 ouvriers et ouvrières en CDI sont en grève, c'est-à-dire la majorité des ouvriers et ouvrières de production, dans cette entreprise qui compte 3 000 salariés embauchés, plus ces derniers temps 600 intérimaires.

La direction bluffe en voulant faire croire que la production continue malgré la grève. Elle a regroupé sur certaines lignes de production les non-grévistes, les 600 intérimaires, les chefs, cadres et employés de bureau, mais les conditions de travail sont rocambolesques. La production n'atteint pas la moitié des 395 véhicules produits habituellement par poste. La plupart des voitures encombrent tous les recoins car elles ne peuvent pas quitter l'usine avant de recevoir de nombreuses retouches. On verra aussi combien de temps les chefs, cadres et employés, qui n'ont pas l'habitude de la production pourront tenir le coup... Plusieurs ouvriers ont d'ailleurs rejoint les grévistes sur le parking car les conditions de travail sont encore pires qu'en temps habituel !

Les camions de pièces s'accumulent aussi sur le parking de l'usine et les trains sont en attente dans la gare, faute de Yaris à charger. Contrairement à la grève du printemps 2009, le blocage des camions aux portes de l'entreprise n'apparaît donc pas nécessaire. Par contre, à chaque équipe, les grévistes viennent inviter ceux qui rentrent et ceux qui sortent à les rejoindre, et beaucoup d'entre eux sont tentés.

Lundi 4 avril, 500 grévistes ont fait un tour dans la zone industrielle, pénétrant notamment dans les ateliers de Simoldes Plásticos, un sous-traitant automobile, dont les ouvriers s'étaient mis en grève en 2009 au côté de ceux de Toyota pour les mêmes revendications. L'accueil a été très chaleureux et tous les manifestants étaient très contents de cette petite visite d'usine

Mardi 5 avril, 200 grévistes ont distribué des tracts dans le centre-ville de Valenciennes pour justifier l'augmentation des salaires. L'accueil a été très chaleureux là aussi. D'autres actions sont prévues pour populariser l'idée de la grève pour l'augmentation des salaires.

La direction communique peu... C'est peut-être mieux pour elle, vu le dernier dérapage d'un cadre en réunion de Comité d'entreprise qui a traité les ouvriers de « fainéants », ce qui fait que les grévistes exigent maintenant des excuses publiques. Cependant elle a pris contact avec différents syndicats, sauf la CGT, pour leur proposer de négocier... Il lui a été répondu que c'est avec le comité de grève qu'il faudra le faire.

La grève est bien partie, pour une prime de 1 000 euros à l'occasion de la sortie de la nouvelle Yaris, le 13e mois pour tous, intérimaires compris, le paiement des jours de grève, les excuses publiques du cadre insultant et aucune sanction pour fait de grève.

Les grévistes ont mis en place un blog de la grève où tout le monde peut s'exprimer et où sont déposés de nombreux témoignages émouvants : http ://www.grevetoyota.blogspot.com/

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