Pfizer Pocé-sur-Cisse (Indre-et-Loire) : La direction fait valser les milliards... et les emplois16/02/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/02/une-2220.gif.445x577_q85_box-0%2C9%2C172%2C231_crop_detail.png

Dans les entreprises

Pfizer Pocé-sur-Cisse (Indre-et-Loire) : La direction fait valser les milliards... et les emplois

Après avoir successivement racheté Wyeth en 2009, King Pharmaceuticals en octobre dernier, Symbiotics (spécialisé dans la santé animale) en décembre et annoncé l'acquisition de l'activité parapharmacie du laboratoire danois Ferrosan courant 2011, le géant américain de l'industrie pharmaceutique Pfizer se débarrasse des activités qu'il estime désormais insuffisamment profitables.

Pfizer vient ainsi d'annoncer son désengagement du secteur des allergies et des maladies respiratoires. Conséquence immédiate, la disparition programmée de plusieurs centres de recherche, dont celui de Sandwich en Angleterre, qui emploie 2 400 chercheurs et des centaines de sous-traitants. Et depuis l'annonce de cette fermeture, l'inquiétude est grande également parmi les travailleurs de l'usine de Pocé-sur-Cisse en Indre-et-Loire.

Mis au point par le centre de recherche anglais, le CRC 749 - nouveau procédé de traitement des problèmes respiratoires par inhalation - devait en effet remplacer à terme les productions arrivées en bout de course à Pocé. Mais la colère est là aussi, car nul n'ignore que Pfizer, qui compte à l'échelle mondiale plus de 110 000 salariés, en a tiré un bénéfice de 8,3 milliards de dollars en 2010, année pourtant peu favorable paraît-il ! On sait aussi que pour racheter Wyeth, Pfizer a mis sur la table 68 milliards de dollars.

C'est dire à quel point l'argent coule à flots. Mais comme tous ses congénères, Pfizer ne s'en sert ni pour développer des recherches utiles à la santé, ni pour créer des emplois, ni même pour faire de réels investissements productifs. L'objectif unique de ces modernes alchimistes, c'est de transformer les médicaments en dollars. Dans une lettre adressée au personnel, le PDG Ian Read ne s'en cache même pas : il faut créer plus de valeur pour les actionnaires, qui bénéficieront d'ores et déjà d'un rachat d'actions d'un montant de 5 milliards de dollars.

Les travailleurs de Pocé-sur-Cisse ont une autre raison de trouver la pilule amère. En février 2008, alors que venaient tout juste d'être annoncés la fermeture du centre de recherche attaché à l'entreprise tourangelle, et le licenciement de ses 149 salariés hautement qualifiés, deux ministres - Christine Lagarde et Hervé Novelli, le local de l'étape - étaient venus à l'usine flanqués de journalistes. Ils avaient avec aplomb expliqué pourquoi ces restructurations n'étaient en rien une catastrophe, mais au contraire une opportunité. Pourquoi aussi Pfizer avait bien mérité le coup de pouce des fonds publics. La plate-forme de produits inhalés annoncée à cette occasion devait à terme permettre l'embauche de 440 salariés, qui s'ajouteraient aux 650 encore en activité. Mais trois ans plus tard, exit les inhalateurs, et il ne reste plus guère que 500 travailleurs, auxquels les patrons ont imposé au fil des années augmentation de la productivité et dégradation des conditions de travail.

Alors le contrôle des travailleurs et de la population sur les comptes et les choix de ces capitalistes qui parasitent la production de médicaments, ce n'est pas seulement un des objectifs indispensables des luttes à venir. C'est une question de santé publique, pour les producteurs comme pour toute la population.

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