Éducation nationale : Journée de grève contre les suppressions de postes10/02/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/02/une-2219.gif.445x577_q85_box-0%2C14%2C164%2C226_crop_detail.png

Leur société

Éducation nationale : Journée de grève contre les suppressions de postes

Jeudi 10 février, les syndicats appelaient à la grève dans l'Éducation nationale pour protester contre les suppressions de postes. Alors que 48 000 élèves supplémentaires sont attendus dans le public à la rentrée 2011, le gouvernement veut encore supprimer 16 000 postes.

On découvre ces jours-ci la « dotation horaire globale » (DHG) au sein de chaque établissement, c'est-à-dire le nombre d'heures de cours accordées par le rectorat et à répartir entre les classes. On constate dans beaucoup d'établissements que cette dotation diminue, y compris parfois quand le nombre d'élèves attendus est en augmentation. Les pertes sont particulièrement importantes dans les lycées professionnels, pouvant atteindre plus de cent heures dans certains cas, correspondant en fin de compte à des postes supprimés.

La diminution de la DHG fait partie de l'arsenal dont disposent les recteurs pour parvenir aux économies exigées par le gouvernement. Elle aura inévitablement des conséquences dommageables, en particulier dans les quartiers défavorisés.

D'abord, elle va entraîner une augmentation du nombre d'élèves par classe. On verra se généraliser une situation qui existe déjà dans trop d'endroits, avec des classes de plus de 30 enfants en maternelle, ou encore des classes de 35 à 40 élèves en seconde.

Ensuite, afin d'économiser des heures, les dispositifs spécifiques d'aide aux enfants en difficulté sont revus à la baisse. Les activités de groupe avec des effectifs réduits, en demi-classes par exemple, sont remises en question. On va supprimer des ateliers, des options, quand ce ne sera pas des classes ou des filières entières. Dans plusieurs lycées, il a été décidé de regrouper les élèves de filières différentes dans certains cours communs (en français, en histoire, etc.) afin d'économiser des heures, rendant ces cours plus difficiles à enseigner pour les professeurs, et à suivre pour les élèves.

Les syndicats ont publié les chiffres des suppressions de postes attendues, académie par académie. L'académie de Créteil, qui concentre beaucoup d'élèves de milieux populaires, dont beaucoup ont des difficultés scolaires, est l'une des plus touchées, avec 571 emplois en moins alors que l'on attend 8 060 élèves supplémentaires. En Seine-Saint-Denis, qui appartient à cette académie, le rectorat supprime dans le primaire vingt postes d'instituteurs pour 2 160 écoliers en plus, et dans le second degré, quarante postes de professeurs pour 1 131 collégiens et lycéens supplémentaires. Le même scénario se répète dans presque toutes les académies, où parents d'élèves et enseignants, soucieux au même titre du devenir des jeunes, se rejoignent pour protester contre ces reculs.

Des manifestations étaient organisées dans de nombreuses villes jeudi 10 février. À Paris, la manifestation devait partir de la place du Luxembourg à 14 heures.

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