Hôpital de la Conception - AP Marseille : Drame aux Urgences, le personnel n'en peut plus !02/02/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/02/une-2218.gif.445x577_q85_box-0%2C14%2C163%2C226_crop_detail.png

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Hôpital de la Conception - AP Marseille : Drame aux Urgences, le personnel n'en peut plus !

Un patient de 22 ans admis aux Urgences de l'hôpital de la Conception à Marseille a, jeudi 27 janvier au matin, assommé avec un pied à perfusion une vieille dame hospitalisée. Il lui a écrasé le visage. Elle est dans un état très grave. Quoique maîtrisé par le personnel, le jeune homme a réussi ensuite à se jeter de la fenêtre de sa chambre. Il est mort peu après.

Ce jeune homme avait été hospitalisé aux Urgences pour des bouffées délirantes et une forte fièvre. Un syndrome méningé était diagnostiqué. C'est ce qui explique qu'il n'ait pas été envoyé directement en Psychiatrie. La chambre du malade était un ancien bureau de médecin reconverti avec les moyens du bord, sans sonnette.

Ce drame terrible a profondément choqué non seulement ceux qui en ont été témoins mais aussi tout le reste du personnel. Et une infirmière très en colère répondit à un cadre, qui lui demandait de faire une déclaration pour « se protéger », qu'elle n'était pas en tort, au contraire, et donc qu'elle n'avait nul besoin de se protéger...

Incontestablement, le personnel aux Urgences n'en peut plus. Depuis la fermeture en juillet 2010 des Urgences de Sainte-Marguerite, tous les patients des quartiers Sud de Marseille sont dirigés vers la Conception, qui gère les Urgences de douze des quinze arrondissements de Marseille. Il y a maintenant près de 200 passages par jour. Les brancards encombrent le hall des Urgences qui sert de dégagement et les patients attendent des heures, voire une journée, avant d'être orientés. Le tri des malades entrants est fait le plus souvent par de jeunes internes qui, dans certains cas, n'osent pas déranger le responsable médical.

Les agents, quant à eux, travaillent dans des conditions particulièrement pénibles. Ils doivent s'occuper de tout, aussi bien du médical que du matériel, qui est distribué chichement. Ils manquent de tout : gants, lingettes pour faire la toilette des patients. L'armoire à pharmacie est pratiquement vide !

Il arrive que les agents se fassent agresser, qu'ils prennent des coups, mais qu'ils continuent malgré tout à assurer les soins. Il arrive aussi que des infirmières soient convoquées au commissariat pour témoigner et donner des précisions sur certains accidents aux Urgences. Tout cela s'ajoute au stress permanent du personnel de ce service surchargé, où les pauses sont surveillées avec une rigueur de garde-chiourme.

Pour comble, la seule chose que la direction ait réussi à faire, après ce drame, a été d'apposer une affichette remerciant le personnel de son professionnalisme. Un qualificatif qui ne s'applique certes pas à elle, qui impose la pénurie.

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