Restrictions budgétaires :31/12/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/12/une-2213.gif.445x577_q85_box-0%2C8%2C173%2C232_crop_detail.png

Leur société

Restrictions budgétaires :

Haro sur les aides à domicile

Dans le cadre du budget 2011, le gouvernement a décidé de rogner les allégements de charges dont bénéficiaient les particuliers employant du personnel.

Cela ne devrait pas beaucoup perturber les riches qui ont les moyens de se payer des bonnes, des jardiniers et des chauffeurs. En revanche des dizaines de milliers de femmes salariées ayant recours à une garde d'enfants, des milliers de retraités ou d'handicapés employant une aide à domicile quelques heures par jour devraient le sentir passer.

Les associations en charge de l'aide à domicile aux personnes âgées, handicapées ou aux familles, qui bénéficiaient d'exonérations fiscales liées aux cotisations pour leurs salariés, tirent également la sonnette d'alarme. Elles affirment que cette mesure entraînera dès janvier 2011 un surcoût de 10 à 15 % des services et qu'il faudra bien que quelqu'un paye. Or les Conseils généraux et les caisses d'allocations familiales, qui financent en grande partie ces prestations, disent ne pas pouvoir faire plus, car ils doivent déjà faire face à des restrictions budgétaires. Cette mesure devrait donc toucher les bénéficiaires par une augmentation de 75 centimes à plus d'un euro de l'heure, obligeant les moins fortunés à se passer de ces aides. Par contre coup, selon les associations de ce secteur, les emplois de 20 000 personnes s'en trouveraient menacés.

Interrogée sur le sujet en plein débat sur la dépendance, la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot a déclaré être prête à des « arbitrages » pour l'été, voire après les élections de 2012. Cela ne l'engage pas beaucoup.

Comme le soulignent certaines associations, le gouvernement attend moins de 100 millions d'économies de ce « rabotage » de niche fiscale ; une goutte d'eau face aux autres niches, comme le régime fiscal des sociétés mères et filiales (près de 35 milliards par an) ou la niche Copé sur la plus-value de cession des titres de participation (9 milliards). Mais il est vrai qu'elles ne concernent pas le même public et qu'entre riches et pauvres, le gouvernement a choisi depuis longtemps !

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