Carrefour Planet - Vénissieux (Rhône) : Grève contre la réorganisation du travail31/12/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/12/une-2213.gif.445x577_q85_box-0%2C8%2C173%2C232_crop_detail.png

Dans les entreprises

Carrefour Planet - Vénissieux (Rhône) : Grève contre la réorganisation du travail

Jeudi 23 et vendredi 24 décembre, une partie des salariés du magasin ont fait grève contre le projet de réorganisation de leur travail. Le groupe Carrefour est largement bénéficiaire : il annonce pour 2010 un résultat opérationnel de 3 milliards d'euros. Mais, non content de payer ses salariés au smic, il veut encore réduire sa masse salariale. Pour cela, il entend imposer au PGC (produit de grande consommation) et au Non alimentaire un « Nouveau Modèle Opérationnel » (NMO).

Pour ces travailleurs, une centaine, cela veut dire une spécialisation des tâches avec la suppression du travail par rayon, une mobilité accrue dans le magasin et la mise en place d'équipes dédiées à une seule tâche, des tâches répétitives, avec des conséquences pour la santé. Et pour une cinquantaine d'entre eux, Carrefour veut introduire le travail de nuit, en commençant à 23 h au lieu de 4 h du matin actuellement, comme si c'était vital de remplir les rayons la nuit ! Ce projet est rejeté par tous car cela menace les conditions d'existence, la vie de famille et la santé d'une part, et de l'autre c'est ressenti comme une véritable déqualification.

Mardi 21 décembre, une soixante d'entre eux ont débrayé en donnant un ultimatum au patron pour qu'il abandonne son projet. Mercredi 22, le directeur, pour les amadouer, a servi le café, et a annoncé le report à janvier de la consultation du CE et du CHS sur le projet. Les employés ont bien compris qu'il voulait éviter la grève au moment des fêtes. C'est donc à l'unanimité que ceux qui avaient débrayé ont décidé de se mettre en grève jeudi 23 et vendredi 24. Dans la foulée, ils sont allés discuter avec les salariés d'autres rayons. L'intersyndicale CGT, FO et CFDT appelait également à la grève.

Jeudi 23, 150 grévistes se sont rassemblés devant le magasin, distribuant des tracts d'information à la clientèle et lui faisant signer des pétitions réclamant des embauches. Pour remplacer les grévistes, Carrefour n'a pas hésité à faire venir à grands frais plusieurs dizaines de cadres de tout le pays. La direction a aussi fait venir un huissier qui a suivi partout les grévistes. Ils ont été accueillis avec sympathie, malgré les bouchons que la signature de la pétition par les automobilistes a provoqués aux alentours.

Le mouvement s'est poursuivi le lendemain 24 décembre, grosse journée pour le magasin en chiffre d'affaires. 120 travailleurs ont continué la grève et, de façon active, se sont adressés aux consommateurs et à la population. Bien que la direction de Carrefour-Vénissieux se soit vantée que la grève n'avait pas de conséquence sur ses ventes, on peut penser que la grève n'était pas pour rien dans l'embouteillage au voisinage du concurrent Auchan !

Lundi matin 27, les travailleurs du PGC présents ce jour-là, réunis en assemblée générale, ont décidé de reconduire l'action jeudi 30 et vendredi 31, car le directeur a campé sur ses positions, affirmant avec arrogance que de toute façon le projet se mettra en place. Mais pour les travailleurs, cela ne passe pas, et ils n'ont pas dit leur dernier mot.

Partager