Après les dernières révélations de WikiLeaks : Pour la « transparence », encore un effort !01/12/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/12/une-2209.gif.445x577_q85_box-0%2C8%2C173%2C232_crop_detail.png

Dans le monde

Après les dernières révélations de WikiLeaks : Pour la « transparence », encore un effort !

Le site Internet WikiLeaks (qui a pour spécialité de publier des « fuites ») vient de faire connaître, avec l'aide de cinq journaux en Europe et en Amérique, le contenu de 250 000 télégrammes diplomatiques américains récents. Ces « câbles » lèvent un coin de voile sur ce qui se dit, sinon se trame dans les chancelleries, et sur la différence entre le langage public fleuri des diplomates et leurs propos moins enrobés d'hypocrisie lorsque, dans des notes à leur gouvernement, ils commentent les faits et gestes des dirigeants du pays où ils sont en poste

La publication de ces notes ne fera certes pas plaisir aux personnes citées, ni à leurs auteurs que cela place en porte-à-faux. Sarkozy n'est sûrement pas content de se voir défini comme « susceptible et autoritaire », ni Berlusconi qui est traité d'« irresponsable, imbu de lui-même et inefficace ». Mais après tout, ce sont les risques du métier.

Certes, ces câbles apportent bien des détails et précisions, mais c'est souvent sur des faits connus ou supposés. De plus, WikiLeaks ne publie aucun document classé « top secret », et si d'autres relèvent du « secret », l'immense majorité ne sont que « confidentiels ».

Pourtant, cela a provoqué la fureur du gouvernement américain qui est allé jusqu'à parler de « crime contre l'État », essayant jusqu'au dernier moment d'empêcher cette publication. Hors d'Amérique, cela a été un tollé parmi les diplomates. Nombre de commentateurs ou de personnages politiques ont protesté, tel l'ancien ministre socialiste français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, contre ce « déballage généralisé » qui, dit-il, n'a rien à voir avec la « transparence ».

Car les tenants de l'État dans les grandes puissances impérialistes ont des principes : les affaires de la bourgeoisie et de son État ne regardent pas la population. Le mot « transparence » dont se gargarisent volontiers les dirigeants des pays dits démocratiques cache le fait que, pour eux, la diplomatie, est faite d'accords secrets entre gouvernants que l'on cache aux peuples, car ils sont contre les peuples. Tout comme le secret, cette fois commercial, bancaire ou des affaires, est une arme dont usent les capitalistes de chaque pays pour masquer comment et à quel point ils exploitent les travailleurs.

Tant mieux si WikiLeaks dévoile une petite partie de cette réalité-là, tout comme il avait, il y a quelques mois, en publiant les « carnets de guerre » de militaires américains en Irak, jeté un éclairage crû sur les massacres de civils, les exactions et les tortures que couvrent, sinon organisent les puissances impérialistes dans ce pays. Mais il reste encore beaucoup à faire pour mettre sur la table toutes leurs combines secrètes.

Partager